Les vacances sont vitales et allongeraient l’espérance de vie. C’est le constat établi par une équipe de chercheurs de l’université d’Helsinki (Finlande), à l’issue d’une étude étalée sur quarante ans. D’après les mêmes chercheurs, les vacances sont utiles pour réduire le stress dû à un rythme de travail intense.

Dans la même optique, de l’avis de plusieurs analystes, la crise du coronavirus serait porteuse de bouleversements majeurs, notamment les modes de vie des hommes.

Sauf qu’en Tunisie et compte tenu d’une traversée de désert qui n’a que trop duré, le temps se serait arrêté chez nous. Mais que dirait-on encore là où une grande partie des Tunisiens vit coincée entre une inflation galopante et des revenus très modestes?

Le travail? On est peu rentable. La recherche scientifique? On est aux abonnés absents? Les vacances et les loisirs? C’est désormais un luxe inaccessible pour les classes moyennes et pauvres.

Dans ce sens, abonde Feirouz Gdhami, institutrice avec près de vingt ans d’expérience : « Les vacances, autrefois une composante essentielle de notre vie de famille, ne sont plus là. On n’a plus les moyens d’aller où que ce soit pour quelques jours de détente. Car la vie est devenue très chère et mes salaires n’ont pas suivi », se désole-t-elle.

N’y allant pas par quatre chemins, Walid Saïdi, fonctionnaire, attire l’attention sur les conséquences néfastes d’une vie monotone, fade, voire « misérable ».

« Il n’y a plus de classe moyenne en Tunisie. Il y a des riches et des pauvres. Les enseignants, les personnels de santé et du reste des administrations ne vivent plus. Ils militent et persévèrent pour survivre. On a tout gâché dans ce beau pays où il faisait bon vivre autrefois », égrène-t-il.

Se contentant d’une toute petite phrase pour dire son désarroi, Fadhila Mahersi, artiste-peintre, a affirmé: « Vous n’avez qu’à observer notre classement dans les rapports se rapportant à l’indice du bonheur pour vous rendre compte de la gravité de notre descente aux enfers ».

Classée à la 120e place sur 142 pays par le dernier «World Hppiness Report», la Tunisie est loin d’être un endroit où il fait bon vivre aujourd’hui. En atteste la fuite continue de ses cerveaux. Son peuple n’est pas à l’abri des conséquences y afférentes.

Les psychiatres ne cessent de tirer la sonnette d’alarme, faisant état d’une nette augmentation des cris de détresse psychique. Avec un taux d’inflation de près de 8%, un taux de pauvreté de près de 20%, un taux de chômage de 20% ou presque et une moyenne annuelle de près de 20 mille cas de divorce, le constat est on ne peut plus amer. Une chape de plomb fond sur la société. Pourtant, le spectacle, que continuent à nous livrer les professionnels du verbe et de la politique politicienne, ressemble à celui que livrent de petites bêtes se disputant une prune.

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