Après des années, des décennies passées sur les bancs du savoir, ils ont opté pour l’initiative privée. Autonomes, dynamiques, ambitieux, ils ont refusé de courber l’échine devant un tas de difficultés et de handicaps en tous genres.

A Zaghouan, à Medjez El Bab (Béja), à Kairouan, à Gafsa et dans d’autres coins du pays, ils ont lancé leurs propres, projets, consistant à fabriquer des gobelets ou encore à importer du papier.

Le beau temps n’a pas trop duré

Après un commencement dans la douleur, en raison d’une bureaucratie assassine, une lueur d’espoir s’est fait voir. Ils ont rêvé de lendemains meilleurs. Sauf que le beau temps n’a pas trop duré et un fâcheux contretemps s’est installé.

Faisant les frais de lois caduques, telle que la loi de 1984 se rapportant aux taxes douanières, d’une contrebande florissante et d’une concurrence déloyale, ces jeunes investisseurs se trouvent aujourd’hui coincés entre le marteau d’impitoyables contrebandiers et l’enclume d’un lourd endettement.

La pandémie et la ruse des faussaires

Ingénieur de son état, Nizar Keraani et ses deux associés ont monté leur projet en 2020 dans la délégation d’Ennadhour (Zaghouan). Spécialisés dans la fabrication de gobelets et l’importation du papier, les trois associés ont mis du cœur à l’ouvrage, garantissant 20 postes d’emploi permanents. Ce succès des premières heures s’est toutefois heurté aux bouleversements entraînés par « la pandémie, d’une part, et la contrebande et les moyens détournés, d’autre part », selon l’un des trois associés.

« Là, on est à sept employés. Treize postes d’emploi ont été perdus. Car on n’a pas pu tenir face à une concurrence déloyale où l’on n’a ni TVA ni taxe douanière. Les produits en provenance de certains pays voisins nous ont tués », se désole Nizar.

Abondant dans le même  sens, Touhami Ouelhazi, qui a lancé son projet en 2018 à Medjez El Bab (Béja), rattache l’échec de son projet à une taxation exorbitante, ainsi qu’à la hausse des prix des matières premières.

« Après près de 35 ans à l’étranger, je suis revenu au pays avec l’espoir de pouvoir finalement savourer le crépuscule de ma vie. Mais quand on se rend compte que les dysfonctionnements sont omniprésents, on finit par jeter l’éponge. J’entends par dysfonctionnements, lourdeur administrative, concurrence déloyale et laisser-aller des autorités concernées », regrette Touhami.

Marche suicidaire

Connaissant le même sort, Oussama Youssef, qui a monté son projet en 2019 à Kairouan, a frôlé la mort dans une tentative de suicide qui a fait suite à une déception aiguë. « J’ai tout perdu et je risque la prison en raison de mes engagements non honorés vis-à-vis de la BTS », soupire-t-il.

L’autre cuisant échec a été enregistré à Gafsa où une femme s’est trouvée seule dans le combat.

« Je n’en peux plus. J’ai frappé à toutes les portes. Face aux requins fusant de toutes parts, il va falloir mettre les clés sous la porte. L’Etat semble être indifférent et nos drames importent peu », extrapole-t-elle.

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