Slim Kaâbi, manager du bureau RAI (représentation, assistance, intermédiation), nous indique que l’investisseur a un rôle important dans la création de projets, et ce, avec la collaboration de divers organismes et intervenants. Il s’agit du seul et unique moyen qui permet d’assister et de faciliter le parcours de la jeunesse tunisienne.

Notre pays traverse actuellement l’une des périodes les plus délicates depuis son indépendance. Vu la situation socioéconomique, qualifiée d’alarmante et qui exige des solutions urgentes, le gouvernement essaie, par tous les moyens, de proposer des issues, et ce, à travers de multiples consultations aussi bien avec les experts économiques que politiciens. Même en cette période difficile, il ne faut pas oublier que l’investissement permet de combattre le chômage et la pauvreté et c’est ce que pensent la plupart des jeunes.

Faciliter le parcours des jeunes entrepreneurs

A ce sujet, Slim Kaâbi, manager du bureau RAI (représentation, assistance, intermédiation), nous indique que l’investisseur a un rôle important dans la création de projets, et ce, avec la collaboration de divers organismes et intervenants. Il s’agit du seul et unique moyen qui permet d’assister et de faciliter le parcours de cette jeunesse tunisienne.

Ces divers intervenants, qui sont principalement : les Commissariats généraux au développement régional (Cgdr), les centres techniques, l’Institut national des statistiques, la Société tunisienne de garantie (Sotugar), la Compagnie tunisienne pour l’assurance du commerce extérieur (Cotunace), les médiateurs bancaires…, ne sont pas suffisamment connus, raison pour laquelle une nouvelle structure doit voir le jour. Cette dernière aura pour principale mission d’assister et d’informer les nouveaux venus dans le monde des affaires.

Cette structure ne pourrait être que «la maison de l’investisseur», assure Slim Kaâbi.

«Cette nouvelle structure engloberait des représentants des institutions ayant des relations avec les opérateurs économiques, comme les huit centres techniques sectoriels, à savoir celui du cuir et de la chaussure, du textile, des industries mécaniques, des matériaux de construction, du bois et de l’ameublement, de la chimie, de l’agroalimentaire et emballage. Ces centres ont créé l’association des centres techniques industriels tunisiens», poursuit-il.

Plusieurs structures concernées

Toujours selon Kaâbi : «La maison de l’investisseur» doit également englober le Commissariat général au développement régional. Créé en 1981, ce dernier détient des informations sûres et utiles pour chaque région. Le Cgdr aura pour mission d’accompagner le nouveau promoteur au niveau de ses orientations et de l’assister dans l’élaboration des dossiers et de l’intermédiation avec les banques, en plus du suivi sur terrain de l’évolution de ses démarches.

Kaâbi précise qu’il ne faut pas, non plus, négliger le rôle joué par l’INS en matière de statistiques se rapportant à la production, à l’importation et à l’exportation de tous les produits. Toutes ces statistiques ont pour objectif de fournir les indicateurs nécessaires à toute activité nouvelle, que ce soit sur le marché local ou pour toute opération d’exportation.

Les données obtenues auprès des centres techniques sectoriels, du Cgdr et de l’INS permettraient une étude du marché et de faisabilité des plus exactes lors d’une décision de création d’un projet industriel. Un représentant de l’association des banques serait également très utile au sein de la nouvelle structure, selon Kaâbi.

Le promoteur, précise-t-il, devrait s’adresser à une banque afin d’obtenir un prêt, et ce, en présentant un dossier dit «bancable» contenant, outre l’étude du marché, les coûts d’investissement, un schéma de financement bien travaillé et un compte d’exploitation prévisionnelle des cinq premières années (charges, produits…).

Kaâbi note, par ailleurs, qu’un prêt bancaire industriel atteindrait 70% du coût du projet d’après la circulaire de la Banque centrale n° 87-47, Jort n°78 du 18-11-1978. Le reliquat, soit 30% du coût du projet, constituant le capital, est réparti entre l’apport personnel du promoteur, une participation d’une Sicar et la part du Fonds de promotion et de décentralisation industrielles (Foprodi).

Une prime de développement régional

Le manager du bureau RAI précise que le Foprodi est en train de disparaître au profit du FTI (Fonds tunisien d’investissement, article 18 de la loi n°2016-71 du 30-9-2016). Les prêts bancaires pourront être garantis auprès de la Sotugar, bien que le Fonds national de garantie (FNG) est encore opérationnel (créé d’après l’article n°73 de la loi n° 81-100 du 31-12-1981). Faut- il rappeler qu’un litige avec une banque peut être résolu avec un médiateur bancaire.

Une fois l’accord bancaire obtenu, ce sont les étapes de l’installation puis de l’exploitation du projet qui commencent. Dès le début de la production, le promoteur installé dans les régions intérieures bénéficiera d’une prime de développement régional. Elle est de l’ordre de 15% du coût d’investissement pour les régions du groupe I et de 30% pour les régions du groupe II, avec des plafonds prédéterminés. «Si la production est généralement destinée au marché local, une productivité supérieure permettrait d’envisager l’exportation. Et là entre en vigueur le rôle du Centre de promotion des exportations (Cepex), qui gère le Fonds de promotion des exportations (Foprodex) pour aider tout exportateur dans les coûts de transport et de participation aux foires à l’étranger», assure Slim Kaâbi.

Le Cepex assiste tout exportateur dans la recherche de clients, à travers des organismes analogues et le centre international de commerce. L’exportation peut être garantie par la Cotunace. Aussi, une vente à crédit peut être payée avant terme par une entreprise de Factoring, sans oublier qu’un exportateur paierait moins d’impôts qu’un opérateur exploitant au marché local. Par le fait qu’elle regroupe plusieurs structures à la fois, «La maison de l’investisseur», a-t-il conclu, sera une structure qui permettra aux jeunes entrepreneurs de s’informer sur toutes les données nécessaires au lancement d’un nouveau projet. Cette structure sera capable d’assister les jeunes aussi bien au début de leur carrière et même en cas d’extension. Cette nouvelle structure aura pour mission d’aider à diminuer le chômage et la pauvreté. Elle devrait œuvrer pour la simplification des lois et principalement celles se rapportant au nouveau code de l’investissement (loi n°2016-71 du 30-9-2016).

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