La révolution numérique a bouleversé le monde. Les start-up sont le facteur primordial à la transformation digitale et aux technologies émergentes en Tunisie. Plus de détails avec Walid Daas, expert senior en réflexion et management stratégique auprès des start-up et PME. 

Pourriez-vous nous définir le métier d’accompagnateur entrepreneurial ?      

Accompagner un entrepreneur, c’est l’aider à développer une réflexion stratégique systématique sur son projet, le challenger dans le processus de construction, d’amélioration et de mise à jour de son modèle d’affaires et son plan d’affaires, l’informer pour prendre conscience des obstacles concrets, notamment administratifs, et l’orienter pour trouver les meilleurs moyens d’y faire face, tout en les ramenant à leur juste mesure, l’amener à développer son sentiment d’efficacité, personnelle, l’insérer dans des réseaux qui peuvent être des sources d’information ou des liens pour des opportunités de marché. En effet, le processus d’accompagnement est mis en œuvre via plusieurs formes d’intervention, comme les ateliers de formation sur des compétences transversales ou spécifiques, les ateliers d’information, les ateliers de mise en relation, les réunions en face-à-face ou en groupe…

Quelle est la différence entre un accompagnateur et un coach ?

L’effet de mode qui caractérise le terme «coach», ces dernières années, donne à réfléchir par rapport aux niveaux de confusion que cela génère dans la définition de certains métiers. Les termes consultant, formateur ou accompagnateur sont de plus en plus substitués par celui de coach par l’écosystème sans avoir conscience que leurs champs et pratiques sont parfois contradictoires.

Conceptuellement, on pourrait considérer le coaching comme une relation bilatérale établie entre le coaché et le coach, tandis que l’accompagnement fait jouer une relation tripartite entre l’accompagnateur, le porteur du projet et le projet lui-même. L’accompagnement intègre la notion de durée et se traduit, donc, par la mise en place d’un processus ayant pour finalité d’orienter le promoteur dans une logique d’action dans un état d’esprit positif.

Existe-t-il une différence entre l’accompagnement des PME et celui des start-up ?

Fondamentalement, il n’existe pas de différence à ce niveau. Toutefois, les défis liés à l’accompagnement des startup sont beaucoup plus défiants. En effet, ces dernières se distinguent par un niveau d’incertitude très élevé lié à la recherche continue de la validation d’un modèle d’affaires innovant et, surtout, scalable, c’est-à-dire ayant un potentiel de développement exponentiel.

Comment trouvez-vous l’écosystème des start-up en Tunisie ?

Comme je l’ai souvent dit, l’écosystème des startup, qui s’est développé au cours des dix dernières années, est peut-être le meilleur motif d’espoir pour le développement économique de la Tunisie depuis 2011. En effet, cet écosystème est particulièrement dynamique, porté par des femmes et des hommes passionnés croyant en une Tunisie meilleure. C’est grâce à ce dernier que le cadre juridique du «Startup Act» est opérationnel depuis plus de 4 ans et l’énergie nécessaire pour l’améliorer ne cesse de s’autoalimenter.

Selon vous, quels sont les défis majeurs pour la réussite des start-up tunisiennes ?

J’espère que, sous l’impulsion de notre écosystème, l’évolution des startup se fera, ce qui est une chose nécessaire, et ce, hormis les contraintes liées au cadre juridique en Tunisie, notamment la réglementation des changes ou les lois contraignantes et peu adaptées aux startup. Je crois que le défi majeur est la mentalité des fondateurs de startup et des investisseurs, notamment les «Business Angels». Les fondateurs se doivent de croire en eux-mêmes, d’être proactifs, positifs et, surtout, structurés. Les investisseurs doivent, quant à eux, mieux comprendre les spécificités des startup et se positionner avant tout, en tant que mentors et pourvoyeurs de réseau.

Quelles sont les particularités du financement des start-up ?

Contrairement aux PME, les banques ne sont pas concernées par le financement des start-up. Selon le stade de leur développement, ces dernières sont, soit financées par des investisseurs privés (personnes physiques ou morales appelées aussi Business Angels) ou des fonds spécialisés (Venture Capital). En Tunisie, l’écosystème de financement des startup est en cours de mutation positive à travers la création du fonds des fonds «Anava» géré par «Smart Capital». Les investisseurs privés s’intéressent également, de plus en plus à ces entreprises, surtout suite à plusieurs réussites comme Expensya ou InstaDeep. Dans cette perspective, «TeamLink», dont la mission est de permettre aux startup d’accéder au financement, met en place et accompagne un club regroupant des «Business Angels» souhaitant investir dans des startup labellisées à fort potentiel de croissance.

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