Les mesures prises tardent à se concrétiser sur le terrain.


Le sujet à la mode ces dernières semaines, ces derniers mois et surtout depuis cette guerre russo-ukrainienne qui semble avoir réveillé bien des consciences, est bien la volonté d’atteindre «l’autosuffisance».

Bien entendu, nous avons réussi à l’atteindre dans certains secteurs comme le lait, les viandes blanches, les œufs, mais il nous faut avoir à l’esprit que nous demeurons dans ces mêmes secteurs dépendants des intrants qui nous viennent de l’étranger.

Que ces intrants (dont une partie était fabriquée par nos industriels mais qui n’arrivent plus à s’en sortir) sont entre les mains de véritables gangs qui accaparent tout et qui semblent au-dessus des lois.

D’ailleurs, le surplus de production, que nous n’avons pas su où stocker, provoque des colères indescriptibles. Des tonnes de produits sont déversées sur les routes pour soi-disant montrer que l’on n’est pas content. Et comme nous vivons à l’ère des grèves sauvages et des routes coupées pour un oui ou un non, les choses ne sont pas bien claires. Il faudrait commencer par mettre de l’ordre au niveau des intervenants dans ce secteur agricole.

Pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, les «décisions» annoncées par le ministère de l’Agriculture pour atteindre l’autosuffisance en céréales nous semblent insuffisantes et finiront aux oubliettes..

Nous voudrions, pourtant, bien le croire et nous souhaitons qu’il soit là pour mener à bien cette mission.

Mais comment s’y prendra-t-il ?

Des emplois et des moyens

Ce qu’il a annoncé ne diffère en rien de ce que d’autres avant lui avaient dit. Nous aurions souhaité qu’il donne un bon coup de pied dans la fourmilière et annonce que, pour atteindre cet objectif, son département allait exiger que l’on mobilise les ingénieurs agronomes en chômage, que l’on mette à leur disposition des terres cultivables (surtout celles qui sont récupérées), qu’on réquisitionne les cadres compétents sortis à la retraite pour les encadrer (non pas pour gagner de l’argent supplémentaire et se vautrer bien au chaud dans les bureaux) en tant que séniors, que l’Etat appuiera cet effort par une intervention à la mesure du défi à relever en fournissant le matériel et tout ce dont on a besoin pour atteindre cet objectif.

Est-ce beaucoup demander alors? Nous disposons, en effet, des moyens humains et des connaissances pour mettre un terme à ces immenses espaces inexploités et dont on pourrait tirer les meilleurs profits.

On ne le veut pas

Dire que ceux qui sont là seront sollicités pour atteindre cet objectif est pour le moins qu’on puisse dire indélicat. Ces personnes, avec tout le respect que nous leur devons, où étaient-elles, alors que le pays s’écroule sous les dettes, cherche de quoi alimenter sa population, enregistre pénurie après pénurie et semble s’abandonner au désespoir ?

De toutes les façons, une partie de l’explication se trouve dans la déclaration du Chef de l’Etat lors de la pose de la première pierre du futur pont de Bizerte : des dossiers ficelés sont gardés dans les boîtes d’archives, pour des raisons que seuls les «responsables» sont en mesure de connaître.

On ne veut pas que ce pays sorte la tête de l’eau.

Alors que nos routes s’affaissent, notre infrastructure s’écroule, que notre industrie est étouffée par la camelote étrangère, que le chômage a envahi la majorité des familles, nous continuons à croire que tout se fera à l’aide d’une baguette magique providentielle.

Tout prouve pourtant que les anciennes méthodes et démarches ont échoué.

Va-t-on continuer à suivre cette voie non passante et qui ne fait que nous enfoncer dans la médiocrité ?

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