De toutes les expériences dites du printemps arabe, la Tunisie était restée un point lumineux qui scin- tille ou s’éclipse par moments, au gré des régimes et gouvernants en place. Malgré les vents contraires qui l’agitent, autant sur le plan interne qu’à l’extérieur, la jeune et fragile démocratie tunisienne a continué de se battre.

Un signe qui ne trompe pas, l’indépendance des médias. La liberté de la presse est effectivement le premier bastion, ou le deuxième après la justice, que les autocrates font tomber pour se garantir une voix unique, la leur. L’opinion sous l’emprise de la propagande et en l’absence d’arguments contraires est facile à manier, à berner et, à terme, à réduire au silence. Ne souffrant aucune critique, aucune remise en cause de leurs choix et décisions, ils commencent alors par enrôler les médias publics pour ensuite s’attaquer à ceux du secteur privé.

Ce n’est qu’une question de temps. C’est pourquoi les journalistes indépendants, a fortiori dans les démocraties naissantes, ont une double mission. Faire leur travail correctement, présenter une information rigoureuse, fiable et diversifiée, professionnalisme et déontologie doivent être de rigueur, et lutter pour préserver leurs acquis. Faute de quoi, ils risquent de tout perdre. Le cheminement tortueux de la presse tunisienne atteste de cet état de fait. Avancée et recul sont d’ailleurs bien résumés par les chiffres. En 2010, à la veille de la chute de Ben Ali, la Tunisie était au 164e rang sur 178 du classement mondial de la liberté de la presse. Cela se passe de tout commentaire.editMais onze ans après, en 2021, le pays est propulsé à la 73e place sur 180 pays et territoires. En 2022, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai dernier, le verdict est tombé sans appel : la Tunisie est reléguée au 94e rang. Un désaveu planétaire pour un pays qui se vante d’avoir fait sa révolution libérale, prônant la démocratie, la défense des droits individuels et l’Etat de droit. 21 places perdues en une année. Combien en faut-il pour revenir à la case départ, la 164e? C’est que rien n’est plus facile que la dégringolade.

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Un commentaire

  1. rafik

    29/07/2022 à 10:24

    la liberté de la presse se mérite ,malheureusement ,nous avons constaté que cette liberté s’est transformée en diffamation ,mensonge ,ragots ,,, par des pseudo journalistes ,et qui sont majoritaires , véreux ,vendus et des des médias à la solde de pays étrangers ,de mafias internes ce qui a fait perdre à la presse toute crédibilité .quand à la justice ,n’en parlons pas ,c’est la plaie de la tunisie ,une plaie suintante réfractaire à toute médication ,c’est pourquoi le peuple a vomi et la presse et la justice et a voté pour un régime qui risque de devenir dictatorial et fera le ménage tant espéré par la majorité silencieus bernée et abusée par une democratie poison.

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