L’année 2022 n’est pas encore terminée, et, déjà, nous relevons que notre pays a vécu le désarroi d’un pays sinistré : les milliers d’hectares de forêts brûlés accidentellement ou par des mains criminelles, les centaines de morts sur les routes et, bien entendu, le nombre de plus en plus élevé de noyades, soit à la suite d’imprudences injustifiables, soit à la suite de ces tentatives mortelles, désespérées de traverser vers l’autre rive de la Méditerranée. Il n’en demeure pas moins que ces milliers d’hectares perdus, alors qu’ils ont coûté efforts, argent et beaucoup de volontarisme, ont de quoi nous interpeller.

La «Fête de l’arbre 2022 est à nos portes. Il faudrait s’y préparer et surtout plancher sur ce qui pourrait être fait dans le cadre d’une stratégie globale imposée par ces derniers événements.

Il s’agit, en effet, de se demander si la politique adoptée depuis des décades n’est pas un tout petit peu responsable de toutes ces destructions.

En effet, pour reboiser le pays, nous avons fait des choix. Nos experts en la matière ont donné la priorité aux plants qui pouvaient lutter contre la sécheresse et la rigueur de notre été. Ces choix sont-ils encore valables, alors que nous avons constaté que nos arbres, nos plants d’origine ont été oubliés ? En effet, d’après ce que nous avons entendu ici et là, ces arbres qui ont toujours poussé sur nos sols ont mieux résisté au feu !

C’est le cas des oliviers «sauvages» par exemple qui ont tenu le coup, et qui, d’après les affirmations des habitants de ces régions, ces espèces, une fois l’incendie passé, reprenaient vie, non pas par miracle, mais parce que la nature leur a donné ce privilège, contrairement au pin ou à l’eucalyptus.

Quitter les sentiers battus

Considérant cette catastrophe qui a partiellement détruit une bonne partie de ce patrimoine forestier, il faudrait qu’à l’occasion de la prochaine Fête de l’arbre, les différentes parties prenantes quittent les sentiers battus.

Il ne s’agit plus de distribuer des plants, de poser devant la télévision, et de se considérer heureux d’avoir fait son devoir. La question est autrement plus importante. Elle est cruciale. De toutes les façons, on ne peut plus se permettre de planter sans prendre en considération, les coupe-feus à prévoir, les sentiers d’accès, les tours de contrôle, les moyens sophistiqués pour prévenir, alerter le plus vite possible, les points de ravitaillement en eau, surtout pour les lieux loin de la côte, etc. Et bien sûr, faire en sorte qu’il y ait un personnel en nombre suffisant.

Où étaient ces «responsables» ?

Lorsque nous entendons un responsable déclarer que « l’on va recruter du personnel», cela tient de l’hérésie. Où étaient ces « responsables» ? Comment expliquer qu’une richesse pareille était, pour le moins qu’on puisse dire, livrée à elle-même ? Il faudrait faire parler les gens, ceux qui sont montés au feu, ceux qui ont résisté aux morsures des flammes pour sauver ce qui pouvait être sauvé. Et bien d’autres personnes pour instruire tout un dossier sérieux, complet et dont les recommandations ne seront pas destinées aux boîtes à archives, mais pour qu’ elles puissent être prises en considération.

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