Dans un marché en perpétuelle évolution, les PME se doivent de pérenniser leur image et leurs activités. Grâce aux multiples avantages qu’elle offre, la communication digitale peut, en ce sens, jouer un rôle crucial et constituer le moyen idoine pour non seulement conquérir de nouveaux clients, mais aussi pour fidéliser les anciens. Dans cet entretien, Nizar El Bez nous parle des avantages des canaux de communication digitale qui sont devenus des outils incontournables pour les entreprises.   

Pourquoi la plupart  des PME peinent aujourd’hui à développer leurs business? Est-ce dû à un manque de moyens ou à leur faible capacité de développement?

Pas mal d’entreprises tunisiennes souffrent pour développer leurs business ou pérenniser leurs activités. Depuis la révolution, les solutions de communication apportées par Internet ont accru  la concurrence. On a moins de barrières à l’entrée pour certaines activités. Les moyens de communication digitaux sont plus efficaces et moins coûteux et permettent à une jeune entreprise de se positionner en quelques mois et de prendre des parts de marché à des icônes présentes depuis des dizaines d’années. Le défi est de taille pour passer d’une communication archaïque à une digitale développée. Les entreprises, qui veulent garder le cap, doivent pertinemment se métamorphoser et s’adapter aux nouveaux canaux de communication qui donnent de meilleurs résultats aujourd’hui. Tout comme les moyens de communication, le client a évolué. Il est plus ouvert au monde, plus exigeant et adopte de nouveaux comportements, comme la recherche du confort (livraison, information, écoute…). Le client cherche de plus en plus à être gâté par les enseignes, a de moins en moins de temps et souhaite être servi. Il compare beaucoup avant de se lancer. Yallafid apporte aujourd’hui une solution clé en main pour que chaque entreprise, quels que soient sa taille ou ses budgets, puisse adopter une communication digitale avec ses clients à travers la boutique en ligne, mais aussi à travers le système de notification.

Quels sont les principaux obstacles auxquels se heurtent les PME ?

Actuellement, la véritable difficulté auprès des TPE-PME, c’est l’adaptation des nouveaux canaux de communication à l’entreprise. La résistance au changement est le véritable obstacle auquel sont confrontées la majorité des entreprises. Adopter une communication digitale ne se limite pas à une décision ou une volonté d’un manager, c’est plus profond, c’est un changement de comportement et d’attitude de l’entité tout entière.  C’est une mutation qui doit surgir au cœur même de l’entreprise. Avec l’évolution des canaux digitaux et la rapidité de circulation de l’information, le chiffre d’affaires ne doit plus être le seul indicateur-clé de performance d’une entreprise.  La fidélisation client doit gagner le premier rang des kpi à suivre. Une entreprise qui évolue est une entreprise qui est capable de garder ses clients avant de penser à en conquérir de nouveaux.

Quelles sont les stratégies de soutien aux PME qui marchent ?

En fonction de la taille et de l’activité des entreprises, on peut choisir la politique à adopter. Il n’y a pas de politique miracle qui marche à tous les coups, il faut analyser l’existant, fixer des objectifs « smart », en revoyant son positionnement, son contexte, le marché cible… et adopter la stratégie personnalisée. Malgré les apparences, la majorité des PME  tunisiennes ont plus besoin d’assistance technique pour les orienter plutôt que d’aides financières. Le plus important dans cette phase est de bien se remettre en question et d’analyser son positionnement d’un  point de vue capacité de fidélisation des clients au lieu de se focaliser uniquement sur la capacité à générer un chiffre d’affaires qui risque d’être volatil. Dès le lancement de Yallafid, on a pensé à écouter le client, et ce, grâce aux  avis qu’il peut laisser suite à son expérience avec la marque. Ces avis, ainsi formulés, permettent aux partenaires d’améliorer leurs qualités de service. Ils permettent aussi aux futurs clients de prendre une décision d’achat plus réfléchie, basée sur des expériences réelles.

Est-ce que la digitalisation peut être un moyen pour  sortir de la crise économique que connaît la Tunisie ?

Si les PME sont en crise, c’est que le Tunisien consomme des produits importés. On voit bien cela dans le rapport import-export de notre pays. Le consommateur tunisien a changé, et c’est aux PME de le reconquérir à travers un bon produit certes, mais aussi à travers une communication dans les deux sens. Le Tunisien cherche à critiquer, à réclamer et veut bien être écouté. Aujourd’hui, les moyens digitaux permettent d’optimiser une relation de proximité avec le client et d’améliorer son expérience utilisateur. A travers des indicateurs précis, les canaux de communication digitale permettent aujourd’hui aux entreprises d’orienter leurs stratégies et de dessiner le chemin à suivre pour développer leurs ventes.

La nouvelle génération d’entrepreneurs saura -t-elle apporter les solutions adéquates pour dynamiser les PME ?

La nouvelle génération d’entrepreneurs adopte les canaux digitaux dans leurs communications d’une manière spontanée, voire naturelle. Je présume que, dans les années à venir, grâce à la nouvelle génération,  on parviendra à reconquérir les marchés internationaux avec des produits à forte valeur ajoutée. La nouvelle génération d’entrepreneurs est consciente du défi à relever et la  structure de leurs entreprises est plus flexible qu’il y a quelques années. La mutation est très favorable et l’adaptation est quasi totale. A mon sens, les prochaines années seront très opportunes pour l’exportation de produits et services tunisiens. Actuellement, on ne manque pas de création, on a juste besoin de s’adapter à la mondialisation et tirer profit de notre positionnement géographique et notre proximité intellectuelle et culturelle avec d’autres pays. Il est temps que le label « Made in Tunisia » ressuscite des ruines de Carthage et reconquiert le monde. A la fin, j’invite les entrepreneurs tunisiens à faire confiance à la nouvelle génération, à les écouter et les faire participer aux décisions, surtout quand il s’agit de communication. Accordons plus d’importance à notre nouvelle génération et donnons-lui plus de libertés pour créer. Avant,  la plus ancienne des entreprises était la plus solide, maintenant la société la plus proche de ses clients est la plus pérenne. Le train de la digitalisation est déjà en marche et il ne nous attendra pas ! Je profite de cette interview pour demander aux institutions financières d’investir davantage dans les programmes de digitalisation, de formation et de restructuration d’entreprises, De nos jours, les PME ont d’autres difficultés qui ne sont pas toujours liées à la production et aux matériels d’exploitation, mais qui sont plutôt relatives à la stratégie et à la communication. Parfois une formation est plus rentable qu’un matériel roulant pour l’entreprise. Il est toujours préférable de pérenniser l’existant.

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