Les sociétés Ateliers Mécaniques du Sahel (AMS) et «Elbène Industrie» ont été toujours considérées comme étant les fleurons de l’industrie tunisienne et avaient véritablement un passé florissant en événements avec les meilleures performances probantes réalisées et les brillants résultats concrétisés depuis des décennies. Toutefois, et après quelques années de fermeture et toutes les conséquences désastreuses y afférentes enregistrées à l’échelle économique et sociale, il paraît que ces deux importantes sociétés vont reprendre incessamment leurs activités. A cet effet, nous avons contacté Ridha Chiba, conseiller international en exportation, pour nous fournir davantage de renseignements sur cette importante question qui préoccupe toute la région de Sousse. Interview.

Comment évaluez-vous l’importance de ces deux sociétés ?

Ces sociétés ont toujours prévalu par leurs images de marque, leurs notoriétés, leurs croissances positives à l’échelle nationale et internationale, leurs plans de charge rationnels appuyés de leur personnel expérimenté et qualifié, leurs machines modernes, leurs équipements sophistiqués, leur bonne organisation, leurs produits, que ce soit en articles de robinetterie ou en laitages et dérivés, et qui sont diversifiés, normalisés et toujours sollicités par les consommateurs.

De même, leurs relations partenariales fructueuses et durables avec leurs clients et leurs fournisseurs tant en Tunisie qu’à l’étranger restent, entre autres, les facteurs prédominants qui ont fait de ces sociétés les pionniers de l’industrie tunisienne depuis belle lurette. Malheureusement, ces sociétés ont passé ces dernières années par des situations économiques et sociales critiques provoquant un impact négatif sur leurs activités causant ainsi des préjudices matériels et moraux se traduisant par la fermeture de ces deux unités et la mise au chômage de leurs employés.

Comment jugez-vous la situation actuelle dans les deux sociétés ?

Les commencé à s’apaiser et nous assistons réellement à des prémices de changement au niveau des deux sociétés. Et, nous nous demandons si l’heure de leur réhabilitation a-t-elle sonné ? Véritablement, la situation aux AMS commence à s’éclaircir du fait que son activité est en train de reprendre doucement, et ce, à travers la reprise d’un certain nombre d’employés, en attendant la reprise totale, à partir du 22 août courant, comme l’a annoncé le syndicat de base de la société et aussi après avoir permis à un certain nombre d’employés de quitter l’entreprise dans le cadre d’un CCL. Il s’agit de la commission centrale de contrôle des licenciements qui est exécutée par le chef de l’inspection régionale ou le directeur général de l’inspection centrale du travail et comporte un représentant de l’Utica et un autre de l’Ugtt.

Quant à la société «Elbène Industrie», le tribunal de première instance de Sousse 1 a décidé, le 4 juillet dernier, la cession de cette société à la société centrale de Mahdia «Vitalait» pour une valeur de 20 millions de dinars et le nouvel acquéreur s’est engagé à maintenir 100 emplois sur un total de 300, et ce, dans un délai maximum d’un an, à partir de la date du jugement. Toutes ces données demeurent, à notre avis, des indices positifs et encourageants.

Comment préconisez-vous les solutions adéquates pour que ces sociétés qui reviennent de loin assurent convenablement leur développement continu ?

Partant d’une approche macroéconomique, la fermeture de ces sociétés AMS et «Elbène Industrie» a trop duré et a nui assurément à l’économie nationale et perturbé considérablement la vie sociale dans la région de Sousse. Ces deux sociétés, fleurons de l’industrie tunisienne, doivent absolument  revenir à leurs activités normales, dans les plus brefs délais, pour mettre un terme définitif à tous les problèmes économiques et sociaux.

A notre avis, ces entreprises ont été vendues par l’Etat à des prix bradés. Leurs acquéreurs devaient les gérer normalement, conformément à une stratégie escomptée au préalable, telle qu’elle est stipulée dans les cahiers des charges visant les améliorations continues et le développement perpétuel de leurs activités en vue de réaliser les meilleures performances économiques et sociales et accroître la richesse. Mais, hélas, ces entreprises ont connu un échec total.

Avec l’avènement de leur réouverture, les acquéreurs aux-  quels ont été confiées ces sociétés doivent être des gestionnaires, voire des stratèges capables de les faire travailler avec des plans de charge optimaux, des objectifs préalablement fixés en amont, un plan de marketing national et international rationnel et surtout un management adéquat basé sur les quatre éléments suivants : la minutieuse planification, la très bonne organisation, la direction apte et le contrôle rigoureux à tous les niveaux. Egalement, ces entreprises doivent fonctionner avec un personnel professionnel recruté sur la base des diplômes, du savoir-faire et surtout motivé pour assurer les différentes tâches qui lui seront assignées avec passion, dévouement et un sérieux remarquable. En parallèle, l’Etat doit absolument être intransigeant et doit combattre, d’une manière continue et sans relâche, le commerce parallèle, le dumping, les produits imités et aussi imposer des droits et taxes douaniers supplémentaires ou des licences d’importation préalables pour tous les articles concurrentiels entravant la vente et la distribution des marchandises nationales.

Ainsi, ces sociétés reprendront leur rythme normal et réaliseront les résultats probants et participeront au développement de l’économie nationale et à la croissance du produit intérieur brut (PIB) considéré comme étant la principale ressource de devises pour le pays et le facteur essentiel de la création des postes de travail.

Que direz-vous en guise de conclusion ?

A notre avis l’Etat doit absolument, à l’instar de ces deux sociétés, revoir les ventes de toutes les entreprises nationales qui ont été privatisées et dilapidées à des prix en deçà de leurs valeurs réelles et surtout inciter leurs acquéreurs à les faire travailler conformément à leurs activités et aux stratégies mentionnées dans les cahiers des charges.

Et, c’est ainsi que nous pouvons participer à mettre fin à la disparition du tissu industriel dans le pays et gagner véritablement cet important pari industriel qui affecte positivement notre économie nationale.

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