Quand un criminel porte sur lui une arme blanche, c’est qu’il a l’intention de tuer. Faut-il attendre que l’on commette de tels crimes pour réagir…

Personne n’est à l’abri d’une agression en pleine rue ou d’un vol à l’arraché ou, encore, d’un braquage. Statistiquement parlant, il y aurait plus de 50.000 cas d’agression de ce genre et les chiffres sont en constante augmentation. Le Tunisien vit la peur au ventre quand il circule la nuit ou quand il se trouve dans un moyen de transport. Un exemple parmi tant d’autres s’est déroulé, dimanche dernier au souk hebdomadaire du Kram (non loin du Parc d’exposition).

Cet espace, connu populairement sous le nom de “souk khamsa décembre», est le fief de nombreux délinquants qui s’en prennent régulièrement aux visiteurs en utilisant tous les moyens qui leur permettent d’accomplir leurs forfaits.

Un crime au vu et au su de tous

C’est ainsi que, dernièrement, une dame a été sauvagement attaquée par deux individus qui lui ont arraché son sac qu’elle portait en bandoulière. Pour ce faire, l’un des bandits a essayé de faire tomber la femme en la tirant sauvagement par les épaules. Mais comme la victime essayait de résister, un deuxième acolyte a accouru pour prêter main-forte à son complice.

Ne pouvant faire lâcher prise à la dame, l’un d’eux a alors tiré un couteau pour la menacer et lui infliger une blessure à la main.

Ensuite, l’un des criminels a coupé la lanière du sac pour prendre possession du butin. La dame a été traînée par terre devant tout le monde sans qu’il y ait eu une réaction. Les délinquants agissaient avec une sauvagerie inouïe sans être inquiétés. Ne sont-ils pas dans leur fief, leur zone d’action.

En effet, une dame qui avait, sans doute, assisté à toute la scène, s’est présentée à la victime à la fin de ce tragique incident pour dire qu’elle pouvait ramener le sac volé puisqu’elle connaissait les agresseurs.

C’est ce qui fut fait au bout de quelques minutes. L’objet volé était récupéré, mais l’argent n’y était plus. Le téléphone avait été détruit de façon intentionnelle.

Sécurité, dites-vous ?

Dans ce contexte, on peut, alors, s’interroger sur la sécurité des citoyens dans les différents espaces publics. “Souk khamsa décembre” est réputé pour ce genre de méfaits. Ceux qui le visitent prennent souvent leurs précautions. Mais on n’est jamais au bout de ses surprises. Les délinquants, qui sont connus par les habitants riverains et les marchands, évoluent en toute liberté dans ce milieu qui leur est familier. Ils n’en sont pas à leurs premiers forfaits. Ils se considèrent en zone de non-droit.

D’ailleurs, on peut le constater, ce grand espace, qui réunit chaque semaine des centaines et des centaines de clients, ne jouit d’aucune sécurité et on peut être attaqué à n’importe quel moment par ces bandits. Les gens ne portent, généralement, pas plainte parce qu’ils craignent des représailles ou évitent d’être confrontés à des démarches administratives fastidieuses. De plus, ils savent, d’avance, qu’il n’y aura aucune suite. C’est pourquoi on ne peut pas savoir combien d’actes criminels sont commis chaque semaine dans cet endroit très fréquenté par les gens qui appartiennent à différentes couches sociales.

Les visiteurs viennent à la recherche de produits soi-disant vendus moins cher qu’ailleurs. Mais il semble que les risques sont de plus en plus grands d’être victime de ces bandes de criminels qui écument l’espace et en sont devenus les maîtres.

On se demande pourquoi cet espace n’est pas sécurisé comme il le faut et pourquoi on laisse proliférer de la sorte la délinquance et le crime. Quand un criminel porte sur lui une arme blanche, c’est qu’il a l’intention de tuer. Faut-il attendre que l’on commette de tels crimes pour réagir…

En tout cas, ce souk doit être placé sous la plus grande vigilance sécuritaire. Autrement, les gens n’ont d’autre choix que de le boycotter et de ne plus y mettre les pieds. Ceci est d’autant plus déplorable que cet endroit se trouve à quelques encablures de zones souveraines comme Carthage, le Parc des expositions du Kram, l’hypermarché de Sidi Daoud. En somme, la banlieue nord.

Pour l’heure, le souk en question demeure le point noir en matière de sécurité et pose problème même aux habitants qui assistent de façon continue à ces crimes sans pouvoir réagir.

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