Environ 82 % des commerçants de la rue d’Espagne au centre-ville de Tunis ne bénéficient pas des services bancaires, 80 % d’entre eux sont endettés et 97 % ne bénéficient pas de la Sécurité sociale, a révélé une étude sur les marchands des étals de la rue d’Espagne, élaborée par le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES).

Présentée jeudi, lors d’une conférence à Tunis, cette étude a fait ressortir également que 90 % de ces marchands n’ont pas un carnet de santé, 89 % n’ont pas participé aux élections, 99 % ne sont pas syndiqués et aucun d’eu n’appartient à une association quelconque, d’après l’échantillon étudié dans le cadre de cette étude.

En outre, plus 55 % de ces commerçants sont pessimistes quant à l’éventuelle amélioration de leur situation, selon la même source.

L’étude du FTDES a pour objectif d’expliquer et de comprendre les raisons ayant motivé le choix de métier pas la population cible, les causes de développement de l’économie parallèle et de dresser un état des lieux sur cette question, a précisé son auteur Sofien Jaballaha.

Les commerçants de la rue d’Espagne sont majoritairement des hommes dont le niveau scolaire est moyen avec 50 % d’entre eux qui n’ont pas atteint le cycle secondaire, a précisé Jaballah, qui est chercheur en sociologie.

L’enquête quantitative a montré que plus de 80 % de ces commerçants sont originaires de la ville de Sbiba (gouvernorat de Kasserine) et travaillent dans des conditions précaires et insécurisées, ajoute-t-il, précisant que les commerçants originaires de Jelma (Sidi Bouzid) ne représentent qu’un petit groupe parmi eux, et ce contrairement à ce qui est raconté.

Les rapports économiques dans « ce marché » sont fondés sur la solidarité illimitée qu’entretiennent ces marchands liés entre eux parfois par des liens de parenté. Ces marchands s’adonnent à la vente des produits de consommation importés illégalement, des frontières, par des personnes appartenant aux mêmes groupes démographiques et entretenant les mêmes rapports anthropologiques avec l’État, dont les choix demeurent les mêmes depuis des siècles, avec la marginalisation de certaines régions et la déconstruction de certaines structures sans les remplacer, a-t-il dit.

À cet égard, Le commerce exercé par ces marchands de la rue d’Espagne s’inscrit, selon la loi tunisienne, dans le cadre de l’économie parallèle qui englobe toutes activités exercées en dehors de l’économie organisée, affirme de son côté, le chercheur en droit, Mohamed Adem Mokrani, précisant que la loi tunisienne, opte dans le traitement de ce phénomène pour les moyens dissuasifs et les sanctions… et fait preuve d’inaptitude à l’intégrer.

Pour ce chercheur, il est temps de changer cette approche et d’opter pour une stratégie incitative dans l’encadrement de ces commerçants, en vue de les intégrer dans le circuit économique, à travers l’adoption de plusieurs solutions notamment juridiques, rappelant à cet effet que les deux textes lois adoptés en 2020, dont loi n° 2020-30 du 30 juin 2020 relative à l’économie sociale et solidaire est restée lettre morte.

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