Le secteur des olives est l’un des secteurs stratégiques de l’économie tunisienne en raison de ses dimensions socioéconomiques.


En réalité, le secteur fait travailler de très nombreuses familles d’une façon permanente et occasionnelle, il a des effets positifs sur d’autres domaines productifs et rapporte chaque année des devises de ses ventes à l’étranger où notre huile est très appréciée, vu son excellent goût, son taux réduit d’acidité et sa couleur d’or. Environ les 2/3 de la production vont sur le marché international.

Outre Sfax et le Sahel, le gouvernorat de Kairouan, où l’olivier constitue la base de l’arboriculture, compte 10,3 millions de pieds d’oliviers dont 6 millions en pleine production qui s’étendent sur une superficie de 184.000 ha dont 164.000 en sec et 19.700 en irrigué. La production prévue pour la campagne actuelle est de 154.000 tonnes d’olives, ce qui équivaut à 32.000 t d’huile d’olive (10% de la production nationale), contre 146.000 t d’olives et 30.000 t d’huile en 2020-2021.

Notons que la saison de la cueillette des olives a démarré le 21 octobre courant et se terminera au mois de février 2023. Des mesures à même de garantir les meilleures conditions de cueillette ont été prises par les responsables régionaux afin d’assurer une production d’huile de qualité et de protéger l’environnement contre la pollution engendrée par la transformation des olives. Ainsi, on a sensibilisé les agriculteurs quant à la question de la bonne méthode de cueillette afin qu’ils évitent le gaulage et utilisent des caisses pour le transport des olives et non des sacs en plastique. En outre, on a décidé de faciliter le déplacement des ouvriers qualifiés et de contrôler tous les souks d’olives, tout en luttant contre la présence nuisible des étourneaux.

Enfin, on a sensibilisé les producteurs à l’application de méthodes techniques appropriées pour l’entretien des oliveraies après chaque campagne de cueillette.

Notons que le gouvernorat de Kairouan dispose de 148 huileries, dont la capacité de transformation est de 580.000 tonnes. Mais les propriétaires de ces huileries rencontrent, comme chaque année, des soucis relatifs à la gestion de la margine, un produit nocif pour l’environnement et pour la santé.

D’où l’importance de l’existence de quelques bassins de stockage en vue d’un traitement par évaporation. Les quantités de margine issues de l’extraction de l’huile d’olives peuvent être traitées, valorisées et utilisées comme engrais pour fertiliser les exploitations agricoles.

Autre problème majeur, celui de la rareté de la main-d’œuvre et son coût élevé lorsqu’on la trouve. «Les récolteurs» («jemmaas») exigent d’être payés en liquide ou à des pourcentages prohibitifs et n’acceptent plus d’être payés en nature, c’est-à-dire en quantités d’olives qui peut atteindre 30 à 40% de ce qu’ils récoltent lorsqu’on y ajoute le coût du transport et de la trituration, l’agriculteur récolte seulement des dettes. Cela étant, sans oublier les problèmes de pillage et de vol, d’où l’urgence de la mise en place de plans sécuritaires efficaces.

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