Moment tournant pour l’opposition à Kaïs Saïed. Moment de doute. Moment de lassitude. Moment de regrets, de révision des choix. Et,nonobstant les différences de conduites, moment partagé par tous les «clans». Les plus clairs sont Ennahdha et alliés, membres de «Jabhet el khalass» (Front du salut). Sûrement en leur nom, tous, Jawher Mbarek a parlé l’autre jour,pour quasiment faire des aveux.

Un : admettre l’inefficacité des manifs et autres démonstrations de rue.

Et deux : reconnaître (enfin!) que les rapports de force politique demeurent en faveur du président élu et qu’aucun mouvement de contestation n’est viable tant que l’on ne réussit pas à le contrer, voire à l’inverser.

Aveux partagés, (on a commenté) par les deux autres principaux mouvements d’opposition. Le groupe démocrate centre-gauche et le «Néo destour» de Abir Moussi se sont gardés de telles déclarations publiques. Mais leurs manifs qui perdent en nombre et les quelques maladresses de leurs dirigeants attestent qu’ils n’en sont pas si loin. Kaïs Saïed et son potentiel encore stable de 2 millions six d’électeurs, d’un côté,et une opposition en sursaut pragmatique, de l’autre. Le schéma politique tunisien se réduit-il désormais à cela ? Seulement à cela? En définitive, au seul entretien d’un pouvoir et des rapports de force. A l’habileté électorale d’un chef d’Etat et au réalisme et à l’opportunisme de partis d’opposition ?

Kaïs Saïed compte aujourd’hui sur son projet populiste et ses décrets pour conserver ses millions de soutiens. Jawher Mbarek appelle, lui, les opposants «à se réapproprier le peuple» en l’avisant de tous les dangers. L’un et l’autre ne peuvent, toutefois, jurer de rien. L’un et l’autre encourent erreur. Ni les entreprises citoyennes, ni le prêt FMI n’ont encore fait leurs preuves. Quant au peuple tunisien, l’Histoire, fût-ce la récente, enseigne que, par habitude, seule, il s’accommode parfaitement d’être trompé.

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