«La transition numérique est au cœur des transformations que toute association devrait entamer. Les associations sont devant un réel challenge, avec un réel besoin de renforcer leurs capacités et de s’inscrire dans le digital en prenant en considération les impératifs de la conjoncture pour prendre le train de  cette révolution numérique».

A l’occasion du 18e Sommet de la Francophonie, qui se tiendra les 19 et 20 novembre à Djerba, le Centre d’information, de formation, d’études et de documentation sur les associations Ifeda a organisé, samedi 12 novembre, un colloque sur « la société civile et la transition numérique». Placé sous le thème « vers un environnement numérique inclusif et favorable à la société civile tunisienne», l’événement, qui a réuni des organisations de la société civile, des partenaires étatiques et privés, des universités ainsi que des experts, a été une occasion de réseauter et d’échanger autour d’une thématique d’actualité. L’objectif est de plaider pour une forme de numérisation inclusive qui soit basée sur les droits humains et la démocratie, synonyme d’autonomie et favorable à la société civile.

Le numérique, un outil pour renforcer le rôle que jouent les OSC

Dans son allocution d’ouverture, M. Riadh Dabbou, directeur général du centre Ifeda, a mentionné que la francophonie est un concept qui dépasse la langue pour englober une culture fondée sur la liberté, la parité et les notions d’entraide. Le thème du colloque ’’la société civile et la transition numérique” n’est pas le fruit du hasard. C’est un choix réfléchi, émanant d’une réelle conviction du centre Ifeda que la transition numérique est plus que jamais au cœur des transformations et des mises à jour que toute association devrait entamer. Le numérique nous envahit et fait partie intégrante de notre quotidien. De ce fait , «les associations sont devant un réel challenge, avec un réel besoin de renforcer leurs capacités et de s’inscrire dans le digital en prenant en considération les impératifs de la conjoncture pour prendre le train de  cette révolution numérique», a-t-il ajouté. Il a souligné que la transition numérique va certainement permettre à la société civile de détecter les opportunités et les défis qui se manifestent à travers plusieurs aspects sociétaux. “Et c’est justement ce qui a été constaté et vécu durant la pandémie du Covid, les organisations de la société civile  se sont tournées  vers le numérique et le digital et ont fait preuve d’un esprit d’innovation avec des initiatives qui ont largement contribué à la gestion de la crise”, a-t-il précisé.

M. Dabbou a ajouté, dans ce contexte, que le centre Ifeda s’inscrit dans cette transformation numérique et se mobilise dans cette démarche en ouvrant l’accès à ses open data bases. De son côté, Mme Elyssa Amara, enseignante chercheure au sein du laboratoire de recherche Ligue à l’Iscae, (Université de La Manouba), a souligné qu’aujourd’hui une myriade de propositions, de transformations institutionnelles et de réflexions théoriques sont en train de transformer le fonctionnement des institutions. Elle a ajouté que de nouveaux acteurs économiques, souvent des start-up ou des associations porteuses de services, investissent le domaine public pour renouveler les formes de médiation entre les gouvernants et les gouvernés mais également pour faciliter l’implication des citoyens dans différents domaines de la démocratie.

Qu’est-ce que la Civic Tech?

L’enseignante universitaire a, en outre, expliqué que les relations citoyennes dans l’espace public entre les gens, les communautés, les villes, les gouvernements et les Etats, semblent résister aux avancées logicielles. Et d’indiquer que  les Civic Tech sont un mouvement qui visent à revitaliser et transformer les institutions sociales. “Il existe de nombreuses différences subtiles entre Civic Tech et GovTech, mais la principale chose à retenir est la suivante : alors que la GovTech comprend un large éventail de technologies fournies aux gouvernements pour accroître l’efficacité de leurs opérations internes, la Civic Tech se concentre sur l’information des citoyens, les connectant les uns aux autres et les amenant à s’engager avec leur gouvernement afin de travailler ensemble pour le bien public”, fait-elle remarquer. Et de soutenir, qu’en France, les  Civic Tech sont classées en deux catégories, organisées autour de deux grands axes qui permettent  de mieux spécifier leurs  champs d’action.  La première catégorie rassemble les ‘‘technologies pour la démocratie’’, c’est-à-dire les initiatives œuvrant dans le champ institutionnel, tandis que la seconde catégorie concerne  les  technologies pour l’engagement civique qui se rapprochent des  services communautaires. “Le premier axe caractérise le degré d’institutionnalisation de chaque Civic Tech et la proximité qu’elle entretient avec les pouvoirs publics. Le second axe rend compte de la volonté de transformation sociale des projets, avec, d’un côté, ceux qui cherchent à approfondir la démocratie institutionnelle et, de l’autre, ceux qui souhaitent transformer son organisation et renouveler son fonctionnement.  De cette typologie, plusieurs tendances se dégagent qui permettent de formaliser les  grandes familles, qui donnent un aperçu de la diversité des stratégies poursuivies par les Civic Tech pour renouveler, plus ou moins profondément, le fonctionnement de la démocratie”,  a conclu l’enseignante universitaire.

Charger plus d'articles
Charger plus dans Economie

Laisser un commentaire