Les cantines scolaires constituent sans aucun doute un lieu de partage et de convivialité permettant à l’élève de sentir qu’il appartient à son institution.

En servant un repas sain et équilibré aux écoliers durant tout leur cursus scolaire, on contribue à améliorer leur rendement et on les incite à fournir davantage d’efforts pour réussir leurs études, surtout si les repas sont nutritifs et garantissent l’apport calorique nécessaire. Dans un gouvernorat, comme celui de Kairouan, il existe 285 écoles en milieu rural, dont 200 disposent de cantines scolaires. Certaines offrent aux écoliers des repas chauds, mais d’autres se contentent de leur fournir des repas froids composés, suivant le budget de l’école, de pain, de sardines, d’harissa et de fromage. D’après les témoignages recueillis auprès d’élèves inscrits dans des écoles rurales situées à Haffouz, Hajeb El Ayoun et Chrarda, il y a beaucoup d’insuffisance en ce qui concerne les repas chauds. Ali Jaballah et Seïf Oueslati nous confient dans ce contexte : «Comme nous habitons loin de nos écoles, nous sommes obligés de manger tous les jours des repas fades, presque toujours les mêmes, et qui manquent de poissons, de fruits et de salades. Nous n’avons pas d’autres choix gourmands, puisque dans nos villages, il n’y a ni épicerie, ni fast-food».

Par contre, à l’école primaire «Nagaz» à El Alâ, qui a connu d’importants travaux de rénovation grâce à une banque qui a eu le mérite d’équiper tous les locaux, la cantine est devenue propre, éclairée et aérée comme nous l’expliquent Souad Rebhi et Leïla Jriri : «Par le passé, notre école laissait à désirer et tout était vieux et cassé. Mais aujourd’hui, on étudie dans des salles de classe bien équipées, y compris des ordinateurs. Et la cantine est devenue très agréable et propre et on nous sert des rations alimentaires équilibrées qui nous font éviter les coups de fatigue, notamment lors des longues journées à l’école…».

Notons, dans ce contexte, que la plupart des cantines sont situées dans des écoles construites il y a plusieurs décennies et manquent de beaucoup de commodités, avec des locaux exigus, humides et froids. Néanmoins, les cantines scolaires situées dans les écoles construites récemment sont en bon état. D’ailleurs, 8 cantines scolaires émergent du lot par leur architecture, leur espace aéré et leurs équipements. Il s’agit notamment de cantines situées dans des écoles dans les zones montagneuses, dont Ennahala et Essarja (délégation de Oueslatia), Dhriat (Sbikha), Ouerfella (Chebika), Oued El Jabbes (délégation de Haffouz) et El Gfay (délégation de Sbikha).

Création de jardins potagers

Les responsables de certaines écoles ont opté pour la création de jardins qui profitent ainsi aux cantines scolaires et aux écoles rurales où tout fait défaut à part quelques maigres budgets rafistolés çà et là pour acquérir des denrées alimentaires et des produits d’entretien.

Par ailleurs, beaucoup de travaux de restauration et de rénovation sont annuellement effectués au niveau des cuisines et des cantines, afin de prémunir les élèves contre les intoxications et les maladies contagieuses.

A quand le régime de la séance unique ?

D’après plusieurs enseignants, le problème des cantines scolaires pourrait être résolu si on adoptait le système de la séance unique (par exemple de 9h00 à 15h00), surtout dans les zones montagneuses, ce qui permettrait aux écoliers de regagner leurs maisons dans l’après-midi, au lieu de rentrer à la tombée de la nuit. Notons, dans ce contexte, que les responsables ont opté pour la séance unique dans 4 écoles primaires situées dans des zones isolées.

Mais cela ne pourra pas se réaliser pour le moment dans d’autres écoles, vu le manque de salles et de locaux.

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