Recyclage et reconditionnement des objets : Un créneau d’avenir

 

On est encore très loin du recyclage, de la récupération ou du reconditionnement des objets. Nous jetons à la poubelle presque tout. Personne ne prend en charge ces appareils électriques et électroniques déposés quotidiennement près des conteneurs.

Bien sûr, on sait que notre pays peine déjà à se débarrasser de ses déchets. Tout le monde se plaint que nos villes se noient sous des tonnes d’ordures et personne ne veut que les autorités trouvent une solution. Chaque région interdit l’accès des camions-bennes aux décharges aménagées. Le prétexte est le même : on ne veut pas servir de dépôt d’ordures aux autres.

C’est pourquoi jusqu’à maintenant, la question cruciale de la protection de l’environnement n’a pas trouvé d’issue.

Dans ce même contexte serait-il trop demander d’accorder l’intérêt qu’il faut à un volet très important et qui se développe de façon incroyable dans les pays même développés ? On veut parler de la récupération, de la réparation ou du reconditionnement des différents objets à usage quotidien. Une longue liste de ces objets peut être établie par les gens intéressés. Des sociétés sont opérationnelles dans de nombreux pays. Leur tâche est de réparer des appareils dont les propriétaires n’ont plus besoin.

Nouveau commerce

Une fois reconditionnés — ces objets — presque remis à neuf sont revendus à des prix très économiques. Des magasins se sont, d’ailleurs, spécialisés dans ce nouveau commerce et une clientèle est en train d’émerger.

L’impact de cette activité est certain. Il est, d’abord, écologique. Il limite les rejets de déchets dans la nature et réduit les effets nocifs de certains produits chimiques et toxiques contenus dans les déchets. De plus, il y a l’aspect économique. Ces objets sont, ainsi, remis dans le circuit commercial à moindre prix et à moindre frais. Il y a, enfin, le non-recours à de nouvelles matières premières pour fabriquer d’autres appareils.

Les expériences menées dans beaucoup de pays ont donné de bons résultats et permis aux citoyens de bénéficier de plusieurs avantages sans trop nuire à l’environnement ni à leur bourse.

En Tunisie, une telle entreprise n’a pas encore vu le jour. Il faudra peut-être beaucoup plus de temps pour que les mentalités changent et que l’on accepte de réutiliser des objets réparés. En tout cas, il faudrait que des initiatives soient lancées dans ce sens grâce à une sensibilisation qui aura pour but de montrer la nécessité qu’il y a à franchir ce pas. Des particuliers peuvent se lancer dans des projets pionniers qui ne manqueront pas, par la suite, de dynamiser le secteur et de créer une émulation.

Matériel inapproprié

Les autorités sont, par ailleurs, appelées à créer le cadre législatif adéquat pour permettre à ces nouvelles entreprises de travailler correctement.

En effet, nous constatons avec regret que des milliers d’objets sont jetés quotidiennement, alors qu’ils peuvent être récupérés et réemployés. Des frigos, des téléviseurs, de vieux ordinateurs, des téléphones, des appareils radio, des appareils photo, des rasoirs électriques, etc., sont dénichés par les chiffonniers. Dans le meilleur des cas, ces diverses trouvailles sont exposées telles quelles dans les souks hebdomadaires sous forme de pièces détachées ou de rechange.

A vrai dire, il n’existe pas de politique à proprement parler allant dans ce sens. Le recyclage des déchets chez nous n’a pas dépassé les limites du papier, du carton ou du plastique. Il ne s’est pas encore investi dans le traitement des objets et des appareils électroménagers par exemple. 

Beaucoup de travail reste à faire pour parvenir à couvrir une partie des déchets abandonnés par les usagers. Une organisation des activités attendues est nécessaire pour optimiser les rendements. 

Ce qui manque dans ce domaine c’est, justement, l’impréparation et l’absence d’une véritable approche étudiée et prête à entrer en œuvre.

A commencer par le matériel utilisé pour la collecte des déchets. Les municipalités en général disposent de camions-bennes aménagés uniquement pour le transport des ordures. On n’a pas prévu de transporter d’autres chargements particuliers. De plus, la configuration des engins utilisés ne permet pas le tri de ces déchets en vue d’en extraire des objets bien déterminés. Ce sont ces difficultés qui constituent un obstacle devant le développement de l’exploitation de cette nouvelle activité.

Il y a, également, cette envie de tenter l’aventure par les entrepreneurs qui n’a pas bien mûri. 

Verrions-nous, un jour, des entreprises florissantes investir ce domaine et ouvrir les portes de l’emploi pour des milliers de jeunes ? L’espoir est permis si les autorités sont capables de saisir cette opportunité.

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