Le décret gouvernemental n° 2020-32, interdisant l’usage des sacs en plastique à usage unique devrait être mis en application par la force de la loi ont souligné, lundi, la Fondation Heinrich Böll, l’association « Earth Hour Tunisia » et un groupe d’experts et d’activistes sensibles à la problématique du plastique. L’élaboration du décret en question s’est faite sur plusieurs étapes et a suivi une approche participative ayant impliqué les professionnels et leurs structures professionnelles, ont rappelé cette organisation de la société civile, dans une Note d’orientation intitulée « Pour une application urgente et stricte de la loi sur l’interdiction des sacs en plastique à usage unique ». Les professionnels qui ont approuvé la version finale du texte avant son adoption, se sont par la suite opposés à son application, exigeant des primes exorbitantes, en contrepartie. »Les citoyens attendaient impatiemment le retrait des sacs en plastique des espaces commerciaux et des pharmacies depuis le 1er mars 2020. Toutefois, et contre toute attente, la nouvelle réglementation n’a pas réussi à faire disparaître les sacs en plastique du paysage. Ces derniers demeurent omniprésents, perpétuant ainsi la pollution qu’ils génèrent », souligne encore cette note. En Tunisie, 4,2 milliards de sachets sont consommés annuellement, dont un milliard est produit localement, et sont par la suite jetés en pleine nature, sans que la moindre quantité ne soit recyclée. Les auteurs de la note « Pour une application urgente et stricte de la loi sur l’interdiction des sacs en plastique à usage unique », ont ainsi appelé les autorités à émettre les textes d’application relatifs aux sacs biodégradables, pour s’assurer de la conformité aux exigences de biodégradation. Ils ont aussi estimé nécessaire de fixer la nature et l’origine des matières brutes utilisées pour la fabrication des sacs biodégradables, en identifiant les cercles de collecte et de recyclage de ces sacs. D’après eux, il est temps d’entamer la mise en œuvre dudit décret en poursuivant les contrevenants parmi les importateurs, les distributeurs et les détenteurs, ce qui permettra de resserrer l’étau sur les industriels et les contraindra à appliquer la loi, recommandant de faciliter l’accès de ces derniers à des primes et des financements pour favoriser leur adaptation au nouveau contexte réglementaire. Ils ont par ailleurs soulevé la nécessité de communiquer régulièrement sur les progrès réalisés dans la mise en œuvre de ce décret depuis son entrée en vigueur dans les grandes surfaces (depuis 1er mars 2020). Les organisations signataires de la note ont, en outre, appelé à organiser une campagne nationale de sensibilisation dans le but de vulgariser le contenu du décret en question pour les citoyens et les agents chargés de son exécution, dans le cadre d’une action participative impliquant les municipalités et la société civile. Cette campagne devrait aussi avoir pour objectifs d’inciter les citoyens à utiliser des alternatives éco-friendly aux sacs en plastique à usage unique.

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