Le cinéaste Abdellatif ben Ammar tire sa révérence

Le réalisateur et producteur tunisien Abdellatif Ben Ammar est décédé, lundi 06 février 2023, à Tunis à l’âge 80 ans.

Le ministère des Affaires Culturelles a, dans un faire part-publié dans l’après-midi, regretté la perte d’une grande figure du cinéma tunisien qui est l’un des pionniers du 7ème art dans le pays.

Abdellatif Ben Ammar (25 avril 1945- 06 février 2023) est né à la Capitale. Il a fait des études supérieures de Mathématiques au Lycée Alaoui, à Tunis, avant de se tourner vers le 7ème art en faisant des études de cinéma en France.

Il est diplômé de l’Institut des Hautes études cinématographiques (IDHEC) de Paris ce qui l’avait par la suite permis de participer à des productions nationales et étrangères et de fonder sa propre société de production.

À ses débuts, il était assistant-réalisateur dans des films tunisiens et étrangers avant de réaliser plusieurs de ses films dans le cadre de « Latif Productions », une société fondée avec son ami Abdellatif Layouni. Le duo avait produit des documentaires, des fictions et des spots publicitaires.

À son retour en Tunisie, il avait occupé le poste de chef opérateur des « Actualités tunisiennes » (1965-1968) produites par la SATPEC (Société anonyme tunisienne de production et d’expansion cinématographique).

Ben Ammar était opérateur dans des films comme « Otobre 65 » de Hassen Daldoul (1965) et « Confession d’un cannibale » de Moncef Ben Mrad (1973). Entre 1966 et 1973, il était également assistant-opérateur dans des films comme Les Aventuriers de Robert Enrico et Indomptable Angélique de Bernard Borderie.

Entre 1968 et 1975, il était assistant-réalisateur dans « Follow me » de Roberto Cavalloni et Justine de Joseph Strick, Biribi de Daniel Moosman, Rebel Jesus de Larry Buchanan, Le Messie de Roberto Rossellini et Les Magiciens de Claude Chabrol.

Dans « Jésus de Nazareth » de Franco Zefirrelli (1976), il occupait le poste de directeur de production.

Parmi ses premiers films, des courts-métrages, à savoir « 2 + 2 = 5 » coréalisé avec Hassen Daldoul et Mustapha Fersi (1966), « Le Cerveau et Opération yeux » (1967) et « L’Espérance » (1968).

Sa filmographie comporte plusieurs longs et courts métrages dont il est le producteur. Il est auteur d’un premier-long-métrage « Une si simple histoire » (1969), pour ensuite reprendre la réalisation de courts dont « Sur les traces de Baal (1970) et Mosquées de Kairouan (1973) et Métamorphoses (1977).

« Sejnane » est son deuxième long-métrage (1973) suivi de Sadikia (1975) et Aziza (1980), Le Chant de la Noria (2002), Khoutaf faouka assahab (2003) et Les Palmiers blessés (2010).

Abdellatif ben Ammar est trois fois primé aux Journées cinématographiques Carthage (JCC) dont deux Tanits de Bronze pour  » Une si simple histoire  » 1970) et Sejnane (1974) et un Tanit d’Or pour Aziza (1980). Ce dernier est sélectionné, au cours de la même année, à la Quinzaine des Réalisateurs, section parallèle du festival de Cannes.

Son film « Sejnane » est également lauréat du prix spécial du jury au Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou ) en 1976.

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