Il existe dans tout le gouvernorat de Kairouan 390 établissements éducatifs dont 313 écoles primaires, 2 lycées, 46 collèges et 4 collèges techniques.

De nombreux établissements éducatifs à Kairouan ont été construits dans les années 50, 60 et 70 et présentent aujourd’hui des fissures aux plafonds, des murs écaillés, des canalisations bouchées et rouillées et des vitres brisées.

Et au niveau des 313 écoles primaires, seules 139 sont alimentées en eau potable par le biais de la Sonede, 45 ont recours aux citernes tractées et 128 sont approvisionnées par des groupements hydrauliques. Or, quand les factures de consommation ne sont pas payées par les villageois, alors les vannes sont coupées sur toute la zone, ce qui prive les établissements scolaires d’eau potable pendant des mois. D’ailleurs, cette situation a poussé les enseignants à suspendre les cours vu l’insalubrité des salles de classe et des toilettes. Ce qui a augmenté le nombre d’élèves atteints d’hépatite dans beaucoup de villages.

Par ailleurs, plusieurs écoles dans différentes délégations ne disposent pas d’installations sanitaires pour les élèves, d’autres ne sont pas dotées d’installations sanitaires pour les enseignants. Et parmi les villages assoiffés et dont l’école ne dispose pas d’eau potable, on pourrait citer celui d’Aouled Nssir (délégation de Bouhajla) dont les habitants sont privés d’eau depuis une décennie. Ainsi, ils ont recours aux véhicules de transport de marchandises, moyennant 12D afin d’aller à  Bouhajla-Centre et remplir leurs bidons d’eau.

Pour ce qui est des mères de famille, elles sont obligées d’emprunter des charrettes pour rallier la zone montagneuse de Gssyaât afin de laver leurs linges dans les rares sources de la région. Et pour leur hygiène quotidienne et pour les soins de leurs bébés, beaucoup sont obligés d’acheter des bouteilles d’eau minérale, malgré leur pauvreté. Un distributeur privé nous informe dans ce contexte : «Il m’arrive de livrer 20 citernes par jour, surtout pour les villages d’El Alya et Aouled Messaoud. La citerne de 1.000 litres coûte 10 D, celle de 5.000 litres coûte 35 D. Mais les villageois me confient que ces quantités sont insuffisantes pour répondre à toutes les exigences du ménage de la cuisine, du linge, etc. D’où les nombreuses maladies constatées dans ces zones, dont la gale…».

Par ailleurs, la majorité des écoles ne sont pas sécurisées, vu l’absence de clôture et il n’est pas rare de voir se promener tout près des salles de classe des chèvres, des moutons et des chiens.

Cela sans oublier que beaucoup d’écoles ne disposent pas d’internet et manquent d’équipements informatiques, de bibliothèque et de maintenance.

Effondrement d’une partie d’un toit d’une salle de classe

A côté de ce tableau peu reluisant, on pourrait évoquer plusieurs cas d’effondrement de parties de plafonds dans les salles de classe, créant la panique au sein des familles et de leurs enfants.

Ainsi, le 20 février 2023, on a enregistré à l’école Awanga (délégation de Chebika) l’effondrement d’une grande partie d’un toit d’une salle de classe, heureusement en dehors des heures de cours, sachant que cette école compte 920 élèves et 10 salles de classe dont l’infrastructure laisse à désirer. D’où la panique des enseignants qui craignent le pire et qui voudraient qu’on procède le plus tôt possible à la rénovation de toutes les salles.

Rappelons que des élèves et des enseignants ont échappé de justesse à la catastrophe, en 2020, suite à l’effondrement d’un pan du plafond de certaines classes. Il s’agit du collège 2-Mars 1934 et de l’école El Houda (Kairouan-Nord).

Mais on reste perplexe quand on apprend que le lycée «Kairouan» construit en 2006 pour une enveloppe de 2 milliards souffre aujourd’hui de beaucoup de vétusté et présente un vrai danger pour le corps administratif, éducatif et les élèves. Ainsi, le 4 mars 2022, de gros morceaux de briques sont tombés des plafonds de salles de classe inoccupées vers 13h00. En outre, au mois de janvier 2022 le même incident s’est produit au sein de 3 salles, ce qui a obligé les responsables à fermer 10 salles et à surcharger 7 autres avec la présence de 40 élèves par classe afin de pouvoir terminer l’année scolaire.

A côté de cela, on a constaté beaucoup de fissures et d’imperfection dans les couloirs et les escaliers, des fuites d’eau dans les canalisations des blocs sanitaires et des murs lézardés.

Au sein de la direction régionale de l’éducation, on a décidé de mener une enquête technique pour identifier les coupables dont les entrepreneurs et ceux qui ont donné leur accord pour la réception de tout le bâtiment.

Somme toute, pour préserver la sécurité des élèves et du cadre enseignant, il faudrait que toutes les parties prenantes ne badinent plus avec la sécurité de nos enfants, notamment en matière d’entretien, de rénovation et de restauration des établissements éducatifs.

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