Pour gagner, il faut absolument s’engager et le vouloir.
Inutile de préciser que le football tunisien est en état d’alerte maximum. En effet, si les joueurs de l’équipe nationale et leur personnel d’encadrement (paraît-il en l’état d’étoile éclatée par les soidisant désaccords avant-coureurs du sauve-qui- peut), sont démobilisés ou en mauvais état physique et mental, c’est ce que nous avons tous conclu à la suite de leurs piètres sorties en phase de qualification, le public, les Tunisiennes et Tunisiens, ne sont pas du tout disposés à baisser les bras. Jusqu’au bout, ils continueront à croire en cette providence, en ce saint protecteur  qui a jusque-là protégé l’équipe et l’a qualifiée en ne gagnant aucun match.

S’engager et  vouloir

C’est que, pour gagner, il faut absolument s’engager et le vouloir. Aucun signe de mobilisation n’a allégé cette peine cruellement vécue, alimentée par des commentaires d’avant-CAN complètement déphasés. Même les maillots étaient exceptionnels et ont été « élus » les meilleurs de cette CAN !

Nous enregistrons d’ores et déjà bien des volte-face.

Nous en saurons davantage au retour de ce onze pour lequel on a quand même investi et qui partait avec les faveurs des pronostics pour réussir une bonne CAN. Personne n’avait demandé l’impossible. Les observateurs avertis savaient que nous n’avions pas les éléments nécessaires. Des joueurs comparables à ceux de l’Algérie, du Maroc ou du Sénégal, font défaut. Des valeurs sûres que les meilleures équipes de la planète se disputent. Le moins qu’on pouvait demander était bien de faire bonne figure.

Le futur bilan qui sera effectué  nous permettra peut-être d’en savoir davantage, mais nous gardons un mauvais souvenir pour ce qui était advenu de ceux  établis lors de précédentes compétitions officielles de haut niveau. Il risque, une fois l’euphorie dépassée, de finir dans une boîte d’archives. Pour calmer les douleurs, on procédera au limogeage du personnel d’encadrement.

Entre parenthèses

L’honneur sera sauf et c’est un os à ronger durant des semaines pour essayer de connaître à travers la boule de cristal le futur timonier de la sélection.

Mais aujourd’hui, tout cela est mis entre parenthèses. Il s’agit de sortir de sa torpeur et de réussir à prouver que ces joueurs, encensés depuis des mois, valent quelque chose. D’après  ce que rapporte un confrère, Selliti  a laissé entendre que les joueurs n’ont pas « discuté » entre eux lors du premier tour. Espérons qu’ils le feront à la veille de ce match à une passe. Ils savent pertinemment qu’ils doivent se qualifier ou faire leurs valises.

Aujourd’hui, il s’agit de trouver le juste milieu, la rigueur, le savoir-faire, la malice et la concentration pour s’en tirer et se racheter de ces sorties où, à l’exception d’une ou deux individualités, nos représentants ont donné l’impression qu’ils étaient physiquement et mentalement absents.

 

Engagement ferme et sans équivoque

Les prouesses techniques individuelles offertes, que le défunt Nagy qualifiait de danse rythmique, ne devraient pas avoir leur raison d’être. C’est l’efficacité et rien que l’engagement ferme et sans équivoque que l’on exige de ces joueurs qui, franchement, valent quelque chose. Ce ne sont pas des vedettes, mais de bons joueurs capables de faire bonne figure.

La mauvaise préparation foncière pour un tournoi de ce genre est l’une des causes de leurs échecs. L’égocentrisme de quelques- uns d’entre eux  a fait le reste. Rien que revoir cette mi-temps où le pauvre Srarfi boudé et complètement siphonné par sa mise à l’écart, jeté sous la pression dans la  bataille, est assez évocateur pour comprendre ce qui se passe. Même son « capitaine », tout comme les autres joueurs cadres l’ont ignoré.

Aujourd’hui est un autre jour. Dos au mur, bousculée dans son  amour-propre l’équipe  risque  quand même de se rebiffer et de retrouver le chemin de l’efficacité pour s’en tirer et   prolonger son  séjour en Egypte.

Il y va de l’avenir

C’est ce qu’on attend d’eux.  Dans quelques heures, dès les premiers engagements, nous en saurons davantage étant donné que…le nul ne sera plus à l’ordre du jour. Les joueurs, relèveront-ils le défi et effaceront-ils l’affront qui leur a été fait par tous ceux qui ont mis en doute leurs qualités ?

C’est à eux de répondre et de se comporter, non pas comme une somme d’individualités, mais bien à l’instar d’un groupe compact conscient  de ses responsabilités, et qui monte au feu sans peur ni reproche.

En fin de compte, ce n’est point trop demander de la part d’un ensemble d’éléments qui a connu, au sein de leurs équipes respectives, des montées de chaleur qui les ont poussés à bout. Ils ont su s’en sortir, et ce n’est point hors de leurs moyens de se jeter dans cette bataille dont l’issue fixera leur avenir au sein de cette CAN.

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