Il suffit de se promener dans Tunis pour évaluer la situation du pays. La capitale est devenue laide, sale, et,pour tout dire,invivable. Les travaux de modernisation liés à l’évolution inéluctable du temps n’ont pas eu lieu, ni ceux d’embellissement, ni même de réparation du mobilier urbain, des chaussées et trottoirs défectueux.

Sans vouloir adhérer à une vision passéiste, somme toute paralysante, les photos de Tunis postées sur les réseaux sociaux, avec la mention avant et après, attestent de cet état de fait. Le Tunis d’antan et celui d’aujourd’hui témoignent du recul global de la cité.

La capitale est devenue un grand bazar à ciel ouvert. Les étals exposés sur les charrettes ou à même le sol, rendent la vie difficile aux piétons déjà privés de trottoirs, parce que défoncés, occupés par les cafés, les commerces et les marchands ambulants, ou parce que carrément inexistants. Dans les rues attenantes au marché central, également ailleurs, il faut prendre garde en marchant, de ne pas briser une assiette, ou casser un jouet, de toutes façons, dégradable, quelques heures seulement après son utilisation. De mauvaise qualité et à bon marché, tout est à vendre.

Les immeubles de Tunis administratifs et d’habitation, publics comme privés, sont laids et gris. Peinture écaillée et vitres poussiéreuses, ils sont abandonnés aux aléas du temps et du climat. Même les jardins des banques et de la banque centrale, qui doivent avoir une armada de personnel dédié à la tâche, sont délaissés.

Les chiens errants qui ont investi l’espace, circulent en meutes impunément dans le rues. Ni soignés, ni vaccinés, ils peuvent devenir agressifs. Leurs morsures ont déjà causé plusieurs dizaines de décès à travers tout le pays. Les chiffres sont là pour témoigner de cette tragédie révoltante.

A cause d’un défaut d’entretien récurrent, les ordures ne sont pas levées régulièrement. Résultat: à chaque coin de rue, des bennes débordent de détritus, dégageant des relents toxiques et dangereux. Aux chiens, s’ajoutent les rats infestant les rues de Tunis, la nuit, pour le moment.

Depuis un certain temps, il est devenu courant de rencontrer des troupeaux de mouton et leurs bergers avec leurs gourdins slalomer entre les voitures. Fait notoire, dans un rond-point au Belvédère, face à un hôtel de luxe qui reçoit les invités de marque et organise les congrès, ce ne sont plus des moutons, mais des vaches qui paissent tranquillement dans ce centre névralgique de la circulation. Ainsi, tout participe pour renvoyer l’image d’une ville pauvre et dégradée. Même les taxis jaunes et les bus ne sont plus que des épaves roulant sur les roues.

Quand on sait que, partout dans le monde, la capitale représente la vitrine du pays, l’on prend conscience de l’immensité du désastre. Qui en est responsable ? Il ne fait aucun doute que la responsabilité est partagée. Du manque de civisme des Tunisiens, au laisser-aller des autorités.

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