Au-delà des plans de jeu et des idées, nous aurons besoin de guerriers qui savent se surpasser.
On jouera tout à l’heure un match clef et déterminant dans cette CAN. Un match qui rappelle de mauvais souvenirs sportifs face à un adversaire qui a pris le dessus sur nous plein de fois en CAN, mais ce soir, ce sera un autre match. Ce sera un duel où notre sélection, qui n’a pas enchanté son public, qui n’a pas offert la moindre sensation, sera loin d’être favorite. Tant mieux quand on voit ce qui s’est passé aux favoris du tournoi. Et si cette équipe de Tunisie va au-delà de ses maux et de ses limites, si elle va au-delà des suspicions et si elle nous régale ? L’espoir renaît beaucoup dans le giron tunisien. Finalement, cette CAN a montré, encore une fois, que le football africain a changé. Il n’ y a plus de fossé entre pays, tout le monde est pratiquement sur un même palier dans ces huitièmes de finale.

Giresse : une chance inouïe
Le sélectionneur français, trébuchant à souhait, a la chance ce soir de retrouver sa crédibilité auprès du public et des médias. Lui que les dirigeants de la FTF ont mis dos au mur. C’est à lui de trouver la bonne formule et faire les bons choix. Sans compter sur une entente avec Kanzari et Ben Belgacem, Giresse va devoir choisir en milieu du terrain par exemple de jouer ou non la carte Sassi. Le joueur d’Ezzamalek reste un mystère : pourquoi ne joue-t-il pas, sachant qu’il est une valeur sûre et qu’il n’a pas le trac dans ce genre de matches ? Entre lui, Skhiri et Chaâlali deux places à prendre, alors qu’en phase offensive, nous attendons les plans de Giresse : un Khazri en pointe et alors trois créateurs derrière lui ou Khenissi en pointe et Khazri en appui ? Jusqu’à maintenant, les deux options n’étaient pas payantes. L’équipe n’a pas pesé lourd, et les occasions, sans dire les enchaînements, étaient rares. Ce qui est dangereux pour une sélection. C’est pourquoi on a dit que Giresse dispose probablement de la dernière chance devant lui pour s’imposer en sélection.

De l’amour-propre
Parlons des joueurs qui font le spectacle et qui sont les vrais acteurs. Tous ces plans de jeu et ces animations qu’on répète cent fois aux entraînements ne valent rien devant la forme du jour des joueurs et leur état d’esprit. Les vestiaires de la sélection sont-ils sains ? C’est la vraie question dont la réponse dira si nous allons ou non bien aborder le Ghana. Ces joueurs, gâtés, bien entretenus, idoles des jeunes, sont-ils conscients de ce qu’ils représentent pour les Tunisiens ? Leur attitude, leur bravoure et leur cœur les aideront-ils à gagner les duels, à jouer direct et devant, à réussir en défense. Tout dépendra de leur attitude. En ce moment, on espère que Msakni, Khazri et Selliti seront bien inspirés pour emmener la sélection. Les détails sur le terrain, essentiellement les erreurs défensives, les moments d’évasion et d’inattention peuvent coûter très cher. Ce n’est pas un match impossible, nos joueurs doivent le comprendre une fois pour toute. C’est eux qui doivent se surpasser et prendre leur courage à deux mains. S’ils sont braves, ils passeront sans aucun doute. Au pire des cas, ils laisseront de bonnes impressions. Au moins ça nous consolera énormément.

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