Dans ce huitième de finale-clé et match «barrage» irrespirable face au Ghana, les Tunisiens chercheront plus qu’une qualification pour les quarts.
Après la triste mésaventure et la mascarade du premier tour, les joueurs et le staff technique de l’équipe de Tunisie ont intérêt à se reprendre et à se racheter. Cela passe inévitablement, inéluctablement par un super-match face au Ghana et une qualification pour les quarts de finale. Sommes-nous capables de le faire malgré tous les pronostics défavorables et l’état des lieux actuel de la sélection qui laisse à désirer et qui ne fait pas souffler un grand vent d’optimisme dans son entourage et incite plutôt à adopter un profil bas et à avouer que la tâche est assez compliquée pour ne pas dire très rude?
Oui, bien entendu, mais à condition d’avoir trouvé les bonnes réponses aux vraies questions qui nous ont été posées et les meilleures solutions aux difficultés à imposer notre jeu et notre suprématie que nous avons trouvées. Ce huitième de finale face aux Black Stars de Kwesi Appiah est la dernière perche qui nous est tendue pour sauver notre parcours dans la compétition. C’est à quitte ou double et nous n’aurons pas cette fois une chance de plus pour nous rattrapper. Ou nous gagnons et l’espoir de regénérer une équipe en chute libre et en perdition peut ainsi renaître ou nous perdons et nous n’aurons alors qu’à faire nos valises plus tôt que prévu et qu’à reconnaître notre fiasco. C’est peut-être un bien d’être passé du statut de favori bien loti pour une entrée tonitruante, voire fracassante dans la compétition, à celui d’outsider qui table sur un scénario favorable et un beau coup de pouce du destin pour se débarrasser de l’obstacle ghanéen, écarter de son chemin en quarts de finale le vainqueur des deux présumés «petits», Madagascar et la République Démocratique du Congo, et se trouver comme par enchantement demi-finaliste. Après avoir reçu pas mal de critiques, Alain Giresse est-il en mesure de garder les clés de la sélection en main et de provoquer la réussite en imposant le changement, cette ligne directrice dans le jeu et de s’imposer comme patron face aux joueurs cadres et noyau dur du groupe qui ne réfléchiront pas deux minutes avant de lui faire endosser et assumer l’entière responsabilité d’un éventuel échec dans ces huitièmes de finale? Il doit réussir trois examens essentiels : la composition du onze de départ dans ce match, le choix du système compatible avec la formation et, entretemps capable de faire douter et de mettre en difficulté cette redoutable équipe du Ghana, la bonne lecture du jeu au fil des minutes, selon les scénarios imprévisibles du match, qui permet une réaction rapide s’il y a obligation d’aménager, voire de changer le plan et le dispositif en place et nécessité d’opérer des changements de joueurs qui doivent donner le plus et changer la physionomie et le résultat du match. La qualité d’un adversaire qui joue vite, avec une reconversion très rapide de la phase défensive à la phase offensive, qui met de la vitesse dans la projection vers l’avant et dans la transmission du ballon à ses redoutables attaquants vont obliger le sélectionneur à opter pour un milieu plus compact et fort blindé avec trois récupérateurs et d’abandonner donc le 4-2-3-1 pour un 4-3-2-1 qui est plus adéquat pour le jeu serré en bloc, la réduction au maximum des espaces, le blocage des issues sur les couloirs et donc leur bonne sécurisation. La formule Chaâlali-Skhiri-Sassi à l’entrejeu est donc fort pressentie comme modification majeure mais lequel des attaquants fera les frais de ce réajustement tactique? Certainement pas Taha Yassine Khénissi qui est sans concurrent en tant que joueur de pointe. Youssef Msakni? Ce serait jouer avec le feu car le capitaine des «Aigles de Carthage» est toujours capable d’un exploit qui peut faire basculer un match. Ça se jouera à coup sûr entre Naïm Sliti et Wahbi Khazri et l’un des deux devra attendre d’être incorporé en cours de jeu.
Hédi JENNY

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