Pendant que les Fennecs (sélection algérienne de football) s’apprêtent à disputer, demain, leur match de quart de finale de la 32ème édition Coupe d’Afrique des Nations (CAN) face aux Éléphants de la Côte d’Ivoire dans le nouveau stade de Suez (Égypte), une centaine d’étudiants et enseignants algériens ont manifesté, hier, pour la 20e semaine d’affiliée contre le « système » politique, réclamant dans la foulée un « changement de régime » et surtout la libération des « détenus politiques ».

Parmi les slogans scandés et affichés par la jeunesse du pays de l’Émir Abdelkader, au milieu d’un fort déploiement policier, on pouvait écouter et lire: « Système dégage », « Algérie, libre et démocratique », «le pouvoir au peuple» ou «non au régionalisme», «non au racisme», «presse indépendante» et notamment « One, two, three, viva l’Algérie ! », le chant de ralliement de tous les supporters des Guerriers du désert.

Or, cet incontournable chant de célébrations, qui accompagne les victoires d’El Khadra (les Verts,) n’a aucun rapport avec les chiffres un, deux et trois (en anglais), selon une sérieuse étude de recherche élaborée par l’université de Tiaret (ville du Nord de l’Algérie).

Cet hymne à la victoire serait en réalité le fruit d’une simple déformation de prononciation du célèbre slogan britannique « We want to be free » (« Nous voulons être libres ») durant la guerre d’indépendance (1954-1962). Ce cri de coeur, lancé par les Moujahidines (fers de lance du mouvement indépendantiste algérien) pour interpeller la communauté internationale, s’est transformé, par abus de langage, en « One, two, three » (Un, deux, trois).

Aujourd’hui, après 20 successifs vendredis et mardis, avec les revendications de la contestation en Algérie, le « We want to be free » est plus que d’actualité pour ne pas dire plus juste avec la vague de détentions préventives, à Alger, de manifestants pour avoir contrevenu à l’interdiction du drapeau culturel amazigh (berbère) dans les rassemblements hebdomadaires anti-régime.

Pendant ce temps-là, depuis hier, théoriquement, l’Algérie s’est retrouvé « dans une situation pour le moins inédite », a rappelé le journal algérien Liberté : « à cette date, l’intérim à la tête de l’État assuré par Abdelkader Bensalah depuis le 9 avril dernier atteindra le délai constitutionnel de son expiration. »

Certes, de facto, le Conseil constitutionnel a prolongé le bail de l’actuel chef de l’État par intérim jusqu’à la tenue de l’élection présidentielle, mais « cette décision est décriée par certains juristes qui n’ont pas hésité à la qualifier de « coup de force » », soulignent nos confrères de Liberté. « l’édifice institutionnel, qui, depuis la chute de Bouteflika, a assuré tant bien que mal la continuité de l’État, risque de se retrouver dans l’illégalité totale » à partir d’hier, rajoute le journal algérien.

« Face à cet imbroglio juridique, certains ne manqueront pas de s’interroger sur la légalité des décisions qui seront prises, à partir du 9 juillet, par Abdelkader Bensalah et tous les autres démembrements de l’État, tout en se demandant si, en voulant à tout prix éviter le vide constitutionnel, les nouvelles autorités n’auraient pas plongé le pays carrément dans l’anticonstitutionnalité. », conclut le journal Liberté.

Manifestement, pour nos voisins de l’Ouest, il ne reste plus qu’à espérer un aussi « Happy ending » que celui de la crise soudanaise.

En attendant, les manifestants algériens peuvent se consoler en scandant le slogan suivant : « One, two…, twenty, viva l’Algérie ! » (Un, deux…, vingt, vive l’Algérie !).

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