La veille du sommet arabe à Tunis, le 29 mars 2019, le président Caïd Essebsi et le roi Salman Ibn Abdelaziz ont posé la première pierre de l’hôpital universitaire Salman-Ibn Abdelaziz. Et depuis, tous les Kairouanais attendent avec impatience le démarrage effectif des travaux de ce gigantesque projet financé par le Fonds saoudien de développement (85 millions de dollars) et dont les études relatives à sa construction et à son équipement traînent depuis 4 ans.
En outre, trois ex-ministres de la Santé ont avancé oralement chacun des dates pour sa réalisation définitive, mais sans aucun PV. Puis, il n’en fut rien, rien que des paroles et des promesses à cause de la lenteur administrative et les tergiversations des responsables qui ne savent pas à qui confier la gestion des travaux (soit le ministère de la Santé, soit celui de l’Equipement) et enfin de certains lobbies qui veulent que la cité aghlabide reste oubliée et marginalisée et dépendante comme depuis 60 ans des établissements hospitaliers modernes situés dans d’autres gouvernorats mieux nantis.
D’où la création d’une coordination «Winou Esbitar» dont les initiateurs très actifs n’ont eu de cesse d’organiser des sit-in de protestation et d’avoir des contacts avec les responsables à l’échelle locale et régionale.
Et quand la ministre par intérim de la Santé a annoncé récemment que les études relatives à ce projet seront entamées au mois de novembre 2019 et que les travaux de construction démarreront en 2021, ce fut la goutte qui a fait déborder le vase, comme nous le confie Samir Fayala, responsable de la coordination «Winou Esbitar», car les Kairouanais en ont marre des promesses non tenues. Ainsi, beaucoup de représentants de la société civile et de citoyens, mus par tous les adhérents de la coordination «Winou Esbitar», ont décidé en cette matinée du 17 juillet 2019, de commencer les travaux de réalisation de l’hôpital Salman Ibn-Abdelaziz, et ce, sur le terrain choisi pour la réalisation de ce projet.
A cet effet, des maçons et des ouvriers bénévoles ont construit une clôture longue de 20 mètres et haute d’un mètre et demi, aidés en cela par des hommes d’affaires qui ont fourni gratuitement les matériaux de construction (briques, ciments, sable, gravier etc.).
En outre, des troupes musicales ont participé à cette fête qui en dit long sur le ras-le-bol des Kairouanais qui ne tolèrent plus l’indifférence des décideurs politiques qui ont d’autres priorités.
Samir Fayala nous précise qu’on ne compte pas s’arrêter à ce geste symbolique et imprégné d’un humour noir tant que les responsables à l’échelle nationale n’ont pas pris le gouvernorat de Kairouan au sérieux: «On ne veut plus être le dindon de la farce !».

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