Vainqueur de trois des quatre éditions organisées à l’ombre des pyramides, l’Egypte a laissé la CAN 2019 aux autres depuis les huitièmes de finale. Retour sur la participation décevante des Pharaons.

La phase de poules idéale de l’Egypte, avec trois victoires et aucun but encaissé, mais jouée face à des adversaires limités, n’avait pas mis un terme aux doutes de ses millions de supporters, qui se demandaient ce que leur sélection valait exactement.
À la fin de la rencontre opposant L’Egypte aux Bafana Bafana pour le compte des huitièmes de finale, un long silence a frappé l’enceinte de 75.000 supporters du Stade du Caire. Aucun sifflet, les Egyptiens étaient ahuris. Leurs Pharaons quittent la compétition, tête baissée, dans un scénario rarissime. La seule fois dont ils avaient perdu un match à élimination directe devant leur public en compétition, c’était en demi-finales face au Zaïre en 1974.

Le chaos total !
Dans la foulée de cette débâcle, Hani Abou Rida, membre du conseil de la Fifa, a assumé cette déroute historique en limogeant l’ensemble du staff technique, dont le sélectionneur mexicain Javier Aguirre et en quittant son poste de patron de la Fédération égyptienne de football. Sa décision répond ainsi à une obligation morale après avoir déçu les supporters égyptiens qui ne s’attendaient pas à voir leur sélection s’effondrer devant les Sud-Africains( miraculés de la phase de poules avec deux défaites et un seul but marqué).

Où est-il Salah ?
Après son sacre en Ligue des champions, Mohamed Salah rêvait de prendre le titre de souverain de l’Afrique. Mais comme son équipe, il a complètement raté son tournoi. Il a quitté la pelouse parmi les premiers, sans émotion. Son échec est énorme. Pas influent face à l’Afrique du Sud, il rentrera à Liverpool moins grandi qu’il est parti. Éclaboussé aussi par le scandale autour d’Amr Warda, exclu un temps par sa Fédération après des accusations de harcèlement sexuel puis réintégré, avec la bénédiction de son ami Salah. Mo Salah, héros national, a donc traversé le terrain la tête basse et s’est engouffré dans les vestiaires sous les insultes.

Shehata de retour ?
Après le départ d’Aguerri, la fédération égyptienne de football à sa tête le président provisoire Tharwet Souaylem a déjà commencé à penser au successeur d’Aguirri. Le nouveau sélectionneur aura certainement face à lui une mission bien périlleuse compte tenu de la dynamique catastrophique sur laquelle surfent les Égyptiens.
La majorité des observateurs, des journalistes et des supporters égyptiens réclament la désignation d’un entraîneur local capable de sortir son pays de cette crise footballistique. Ainsi, l’entraîneur emblématique des Pharaons, Hassan Chehata, semble le plus proche de retrouver sa place sur le banc de L’Egypte. Auteur de trois sacres continentaux de suite (2006-2008-2010), Chehata possède tous les atouts permettant de remettre Salah et ses coéquipiers sur les rails. Sous sa houlette, l’Egypte a occupé en 2010 la 9e place du classement de la Fifa devançant bon nombre de grandes nations de football à l’image de la France et de l’Italie. Et ce, après la performance héroïque affichée par les Pharaons lors de la Coupe des Confédérations en 2009.
Houssem Badri, ex-directeur technique d’Al Ahly et actuel président de Pyramids, figure également dans la liste des entraîneurs qui pourraient succéder à Aguerri. Sa connaissance du football égyptien et son expérience africaine représentent de véritables atouts. Il a déjà exprimé à maintes reprises son intention d’occuper ce poste. N’oublions pas aussi la vedette du football égyptien des années 80 et 90 Houssem Hassan. L’entraîneur actuel de Samouha, connu pour sa discipline et sa détermination, représente une bonne option pour la fédération égyptienne. Finalement, aucun nom étranger n’est sur la table de discussion.

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