Changements climatiques | Trois questions… à Slimen Ben Youssef , Spécialiste en gouvernance environnementale : «Une réalité constante confirmée par des incidents dévastateurs»

 

La stratégie climatique de la Tunisie a commencé à évoluer, avec des dimensions multisectorielles et prospectives. En effet, d’importants programmes de lutte contre le changement climatique ont été mis en œuvre ciblant les oasis, l’agriculture, le tourisme et les zones côtières.

Les phénomènes climatiques extrêmes observés ces dernières années à travers le monde (feux de forêts, inondations, notamment en Europe et dans le bassin méditerranéen) sont-ils imputables aux impacts du changement climatique ?

Tous les phénomènes naturels récents confirment l’impact du changement climatique. Les manifestations extrêmes se poursuivront, nécessitant des actions urgentes et des mesures pratiques pour arrêter la dégradation de l’environnement et du climat.

L’Afrique et le Moyen-Orient sont parmi les pays les plus vulnérables à de telles répercussions et menaces. Les incidents climatiques impliquant la Grèce, le Canada, le Pakistan, le Zimbabwe et d’autres ont montré que le changement climatique englobe différentes régions du monde sans exception, mais avec des dommages et des impacts inégaux. Le changement climatique est devenu une réalité constante confirmée par des incidents dévastateurs après avoir été signalés par des scientifiques et des experts.

Pensez-vous que la prochaine COP 28 favorisera des avancées notables pour éviter le pire ?

La Tunisie s’est engagée depuis une trentaine d’années en faveur de l’action climatique à travers l’élaboration de rapports, des suivis, des études de groupes de travail mobilisés et d’importantes initiatives sectorielles visant à orienter les projets, les programmes et les schémas de développement en fonction des exigences de réduction, de changement et de résilience climatiques. La stratégie climatique de la Tunisie a commencé à évoluer, avec des dimensions multisectorielles et prospectives. En effet, d’importants programmes de lutte contre le changement climatique ont été mis en œuvre ciblant les oasis, l’agriculture, le tourisme et les zones côtières.

Je pense que le sommet de la COP est sur la voie de réaliser les attentes des Etats envers leurs engagements et de donner des résultats probants. Un constat  justifié par les dialogues francs et les engagements clairs pris par les Etats et les principales parties lors du récent Sommet africain sur le climat à Nairobi, en particulier en ce qui concerne le financement, le soutien et l’assistance aux Etats par le biais du Fonds d’indemnisation et de pertes et l’ajustement du système de financement mondial pour faciliter la mise en œuvre par les pays en développement de leurs projets environnementaux et climatiques.

En fait, c’est l’une des dernières occasions pour sauver ce qui peut être sauvé,  car ne pas bouger signifie l’accélération de la destruction environnementale.

La Tunisie participe à la  COP 28 pour rappeler au monde ses engagements et la prise en considération des intérêts des pays les plus touchés par les effets du changement climatique. Quelle est votre perception sur ce sujet ?

Les préparatifs de la Tunisie aux assises de la COP 28 vont bon train. Une équipe multisectorielle participera à ce sommet de grande envergure. Les compétences tunisiennes sont prêtes à rendre la participation tunisienne efficace et influente, en présence des Etats africains et arabes. La délégation tunisienne sera conduite par une équipe gouvernementale de haut niveau. Il est à noter qu’une panoplie de projets  sera présentée lors des assises du sommet, qui pourraient être financés par plusieurs fonds climatiques.

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