La vérité finit par éclater au grand jour

Editorial La Presse

L’on ne trouve pas les mots pour qualifier le drame sans fin des Palestiniens. La détresse est indescriptible à Gaza et sur l’ensemble des territoires occupés. Ces corps ensevelis sous les gravats qu’on retire à main nue, ces mères éplorées serrant les corps sans vie de leurs enfants, ces orphelins tremblants et terrifiés. Les hôpitaux éventrés, le sang partout et les malades étendus à même le sol.  Des familles entières décimées, des vies détruites, des promesses d’avenir estropiées. Pas de nourriture, pas de médicaments, pas d’eau, ni d’électricité. Le chaos est total. Une guerre qui rappelle par sa barbarie, son atrocité, son asymétrie, les grandes guerres d’avant la création d’organismes et de chartes censés encadrer, freiner les fureurs meurtrières de l’homme. Israël échappe à tout l’attirail législatif moderne du droit international. En plus d’être un occupant, cet « Etat » voyou est totalement anachronique.

Pendant que le monde regarde épouvanté le génocide en règle des Palestiniens, les grands médias dits professionnels, audiovisuels comme écrits, censurent à tout-va. Ils reprennent tous les mêmes éléments de langage, les mêmes formules préétablies, le même récit outrageusement mensonger. Ne sont tolérées que des photos traitées, aseptisées. L’atrocité de l’agresseur doit être camouflée, la détresse des agressés tue, dissimulée.

Qu’importe ! les Palestiniens ne sont plus seuls et la vérité a éclaté au grand jour. La réalité du terrain est couverte en live par les correspondants des médias, en l’occurrence d’El Jazira, qui font correctement leur travail. Les réseaux sociaux se chargent de relayer les matériaux collectés par ces locaux qui bravent la mort. Quelque 38 journalistes et professionnels des médias sont décédés depuis le début de la guerre. Les correspondants étrangers, eux, n’osent pas couvrir Gaza. Ils sont en revanche agglutinés du côté d’Israël. Histoire de faire, comme ils l’ont toujours fait, « une couverture équilibrée ».

Et voilà que Zuckerberg se joint à la horde de censeurs et commence à supprimer, flouter, les contenus jugés violents. Pour ne pas heurter, nous dit-on, les personnes sensibles par ces images jugées « explicites », en d’autres termes authentiques.

Or, si Israël bombarde nuit et jour les civils, tuant plus de 12 mille personnes, dont plus de 4.500 enfants, il faut le dire. Si Israël s’introduit jusqu’aux couveuses des bébés privées d’électricité, il faut le montrer. Ce n’est pas une fiction, mais la réalité que les hommes et les femmes de ce monde regardent, voient et dénoncent malgré le blackout imposé par la plupart des patrons de presse occidentaux et leurs agents prétendument journalistes.

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