Commentaire | Le devoir de participer à l’effort national est demandé à tous, même aux enseignants

 

Boycott des cours ! Les enseignants suppléants, ceux-là mêmes, qui après avoir compromis toute l’année 2023, enchaîné les grèves, les jours de colère et les sit-in, pour refuser ensuite de remettre les notes des élèves, voilà qu’ils récidivent.

Les effets directs de l’année écoulée, perturbée et perturbante pour tout le monde, ne se comptent pas. Des programmes scolaires tronqués, des élèves démobilisés, et, surtout, des niveaux de compétences médiocres, entachés par de grosses lacunes que la plupart des apprenants devront traîner tout au long de leur vie. En témoigne le niveau général des élèves et étudiants tunisiens qui ne cesse de baisser, mise à part une minorité sauvée par des facteurs concordants, majoritairement personnels et socio-économiques avantageux.

Sauf qu’il y a du nouveau. Malgré les ressources limitées de l’Etat, le ministère de l’Education a mis sur la table une proposition concrète et chiffrée, mercredi 29 novembre, qui se traduit par 500 DT de plus d’un coup ! En lieu et place des 750DT, les salaires grimpent à 1.250 DT. Outre des avantages sociaux accordés aux enseignants, professeurs adjoints et professeurs contractuels, avec effet rétroactif à partir de septembre 2023.

Dans la pyramide des salaires de la fonction publique, 1.250 DT est considéré comme un salaire décent. Il ne fait aucun doute, néanmoins, que les enseignants, que ce soit de base ou du secondaire méritent plus. Mais la situation actuelle des finances publiques étant ce qu’elle est, il est inutile de trop tirer sur la corde.

Or, et fidèles à leur habitude, les syndicalistes de l’éducation nationale veulent tout, tout de suite, ils ont donc rejeté l’offre, estimant que «ces contrats n’ont aucun fondement juridique et qu’il s’agit d’une nouvelle mesure du ministère pour éviter de s’engager avec les syndicats dans des négociations sur la régularisation de leurs adhérents». Que réclament-ils ? La régularisation de tous les enseignants suppléants. En d’autres termes, les titulariser dans la fonction publique. Faute de quoi, c’est l’année blanche, menacent-ils, ou une démission collective. Au choix !

En attendant, il a été décidé de reconduire le boycott des cours. Une formulation élégante pour désigner une grève longue qui s’installe dans la durée. A l’instar de l’année dernière.

Question: si tout un chacun est tenu de participer à l’effort national, dans une situation de crise globale, on ne comprend pas très bien pour quelle raison les enseignants rejettent-ils cette proposition tout à fait respectable, en s’affranchissant des efforts collectifs déployés par la communauté nationale, et revendiquant à l’Etat ce qu’il ne peut, de toute façon, donner.

Laisser un commentaire