La Tunisie a besoin des investisseurs privés

Editorial La Presse

Depuis le 25 juillet 2021, la Tunisie a connu une séquence dont les deux points forts ont été, d’une part, la restauration de la force et du respect dû à l’Etat, et d’autre part, l’application sans concession des lois et la moralisation qui en découle de la vie publique et politique. Cette séquence était indispensable. La Tunisie d’aujourd’hui n’est pas celle du 24 juillet 2021. Le laisser-aller dans les administrations et les institutions de l’Etat, le désordre qui prévalait partout, la corruption banalisée, et les citoyens perdus face à des tracasseries administratives qui n’en finissent pas, face à des services publics qui ne fonctionnent pas : on en voit moins qu’avant. Surtout, on sait que le respect de la loi et des devoirs est redevenu la norme. Ainsi que la reddition des comptes.

Bien sûr, aujourd’hui, tout n’est pas parfait. Par exemple, il y a les pénuries. Mais nous estimons qu’au vu des circonstances, elles ont été bien gérées, qu’elles ne sont pas durables et seront surmontées.

Maintenant que l’on sait tout cela, la prochaine séquence doit concerner l’investissement privé national.

Investir, c’est risquer son argent avec l’espoir d’en gagner davantage. En contrepartie, l’investisseur crée de la production et de l’emploi, voire des exportations et donc des devises.

Des amalgames ont pu avoir lieu, lorsque des entreprises ou des patrons d’entreprises ont été poursuivis en justice. Il ne s’agissait pas d’une chasse aux sorcières, mais de poursuites légalement justifiées, après une douzaine d’années de désordre et de non-application de la loi. En tous les cas, sont condamnés ceux qui ont violé la loi à l’égard de leurs obligations fiscales, ou obligations générales. En somme, ceux qui n’ont pas respecté la loi.

Cette deuxième séquence devra donc s’inscrire dans un itinéraire vertueux. Cela signifie que la Tunisie a besoin de voir son économie relancée d’une manière où l’éthique et le respect de la loi sont omniprésents. Tous ceux qui croient en cette Tunisie nouvelle doivent savoir que le pays a besoin d’eux. L’Etat bien entendu investit. Mais sans le secteur privé, aucune amélioration économique rapide et forte n’est possible.

Le Tunisien est innovateur, commerçant né, prend des initiatives. Toux ceux qui ont été marginalisés par les passe-droits et la concurrence déloyale doivent aujourd’hui saisir leurs chances. Ils doivent entreprendre sur cette base vertueuse. Cette règle du jeu claire qui protège les entrepreneurs contre tout excès. Pour devenir plus forte, la Tunisie a besoin d’emplois, de production et de devises. Et l’on ne peut évoquer l’économie libérale sans éthique ni respect scrupuleux de la loi. Aujourd’hui que tout cela est garanti, nous espérons la hausse de l’investissement privé national, en souhaitant que les banques jouent le jeu avec des offres suffisantes pour accompagner ces entrepreneurs.

Si vous ne cherchez rien d’autres que d’investir, de produire, de prospérer vous-mêmes en faisant prospérer les autres, si vous avez cette démarche vertueuse, l’Etat sera le premier à vous protéger.

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