Lutte contre la torture : L’Omct présente, aujourd’hui, son rapport

 

Ce nouveau rapport intitulé «Les traces de la torture» vient nous édifier sur l’incidence d’un phénomène qui est resté, depuis longtemps, un tabou.

Certes, l’encombrement de nos prisons et la situation intolérable d’incarcération dont souffrent les détenus ne sont plus un secret. Mais la torture, jugée plus souvent comme une double peine infligée à des prisonniers présumés coupables, n’est guère un cas isolé. D’autant que nombre d’ONG, se voulant ferventes défenseures des droits de l’homme, ont tenu, à chaque fois, à confirmer ce constat et sonner l’alarme auprès de ceux qui ont le pouvoir de mettre un terme à l’impunité qui sévit dans certains lieux privatifs de liberté.

Ceci semble évident, mais la vérité n’est pas toujours une réalité. Toutefois, les rapports exposés, périodiquement, par la Ltdh, ainsi que d’autres instances et ONG autorisées à rendre visite dans des établissements pénitentiaires ont montré la gravité des agressions et châtiments corporels que subissent nombre de détenus dans nos prisons.  Et le dernier en date sera présenté, aujourd’hui, lors d’une conférence de presse à Tunis, par l’Organisation mondiale contre la torture (Omct).

61 cas de torture

Ce nouveau rapport intitulé «les traces de la torture» vient nous édifier sur l’incidence d’un phénomène qui est resté, depuis longtemps, un tabou dont on ne pouvait parler à visage découvert. Il va, d’après une enquête, «dresser un premier bilan des obstacles relatifs à la documentation médicale et médico-légale de la torture et des mauvais traitements auxquels sont confrontées les victimes tout au long de leur quête de justice». C’est que cette enquête, menée par des acteurs influents au sein de l’Omct, a pu, également, sonder et révéler pas mal de cas d’allégations de torture.

A l’occasion de cette conférence, à laquelle sont conviés plusieurs médias locaux et étrangers, les experts et les avocats de l’Organisation, à travers les centres «Sanad», vont communiquer sur les résultats aboutis, au bout de 15 mois de travail sur terrain. Soit l’étude de 61 cas de torture et traitements dégradants infligés à des détenus, la coordination de 30 entretiens avec des spécialistes en la matière ainsi qu’une série de workshops organisés à cet effet, dans l’objectif de faire l’état des lieux du dispositif de la santé et son rôle dans la lutte contre l’impunité. 

Et là, une question se pose : la torture en Tunisie est-elle méthodique ? Aucun écho sur ce qui se passe derrière les verrous. Silence radio. Alors que d’autres rapports similaires à celui de l’Omct avaient révélé que plusieurs cas de décès ont été signalés dans des circonstances douteuses, à l’instar de l’affaire Nabil Barakati, martyrisé jusqu’à la mort dans les geôles de police à Gaâfour, à Siliana, il y a près de 40 ans. Sans pour autant oublier celle d’Omar Abidi dont les auteurs sont restés impunis.

Il faut dire qu’on n’en finit pas, résume le présent rapport, avec ces mauvais traitements si humiliants et dégradants, matant des victimes sans leur rendre justice. Bien que ces préjudices soient vivement dénoncés et pointés du doigt.

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