Économie circulaire | Réduction des déchets, un défi à relever

 

L’évolution vers l’économie circulaire implique des changements fondamentaux dans les écosystèmes industriels et une refonte systémique des modèles d’entreprise, des chaînes d’approvisionnement, des processus de production, du développement des produits et des modes de consommation. Toutefois, cette transformation soulève plusieurs défis.

Depuis la société de consommation, la production de déchets n’a fait que croître. Les impacts environnementaux et sociaux sont de plus en plus visibles. Une solution nous est proposée : l’économie circulaire, définie en opposition au modèle linéaire «extraire-utiliser-jeter». Seulement, l’économie mondiale aurait en 2020 un niveau de circularité de 8,6%.

En Tunisie, des initiatives existent mais de nombreux défis sont encore devant  elle pour réaliser cette transition circulaire. Produits, matières premières et déchets pourraient à l’inverse être réparés, réutilisés ou recyclés. C’est le principe de l’économie circulaire.Les problématiques d’hygiène et de santé restent toujours d’actualité comme l’attestent les règlementations qui visent à tracer les substances potentiellement toxiques pour la santé que l’on trouve dans les produits chimiques et de consommation en général. Aujourd’hui, les matériaux sont souvent mis au rebut après leur utilisation. Pour cela, le recyclage des déchets relève d’une nécessité à la fois écologique et stratégique, car ils contiennent des produits chimiques hautement toxiques qui constituent une menace pour les écosystèmes, les personnes et l’environnement.

A la croisée des enjeux

Les pays ont tout à gagner de la circularité de l’économie : réduction des déchets, créations d’emplois, lancement de projets de développement de réseaux de compostage, appui au développement d’entreprises sur le recyclage, lutte contre le gaspillage alimentaire…

Pour cette nouvelle décennie, la circularité comme mode de vie est le levier socioéconomique d’un écosystème porteur d’innovations. Il demande avant tout de nouer des partenariats, et de mobiliser tous les acteurs, publics et privés, citoyens, société civile.

L’évolution vers l’économie circulaire implique des changements fondamentaux dans les écosystèmes industriels et une refonte systémique des modèles d’entreprise, des chaînes d’approvisionnement, des processus de production, du développement des produits et des modes de consommation. Toutefois, cette transformation soulève plusieurs défis. Le succès de l’économie circulaire devra reposer sur l’innovation dans les secteurs traditionnels ainsi que sur de nouveaux modèles d’entreprise. L’acceptation par les utilisateurs ainsi qu’une infrastructure de qualité appropriée, y compris des normes, une certification et une réglementation permettant d’offrir des conditions de concurrence appropriées à toutes les parties prenantes, sont des piliers importants du nouveau paradigme.

Des engagements importants

En Tunisie, la Contribution déterminée au niveau national (CDN) de 2021 indique des engagements importants pour le secteur des déchets comme la réduction de 60% du taux de mise en décharge contrôlée d’ici 2035.  Beaucoup d’efforts et de créativité seront consacrés à la création d’un modèle alternatif durable pour la gestion des déchets et pour l’économie circulaire. La mise en œuvre d’un modèle d’économie circulaire implique une transition vers un nouveau modèle de cycle de vie du produit.

Peu d’initiatives existent en Tunisie en matière d’économie circulaire selon une approche de bout en bout. Les déchets plastiques ont fait l’objet d’un large débat, ces dernières années, mais la pollution fait toujours des ravages en Tunisie. Le nombre colossal des sacs en plastique ne fait que renforcer la nécessité de passer à une économie circulaire et de renoncer aux déchets.  Le secteur textile, en l’occurrence, vise à réduire son empreinte carbone en mettant en œuvre des pratiques d’économie circulaire. L’industrie textile tunisienne est appelée à se concentrer davantage sur les pratiques commerciales durables, avec le lancement de nouvelles initiatives qui inciteront les parties prenantes à s’aligner sur les principes de la production circulaire et à créer une infrastructure de recyclage plus robuste. D’autres secteurs devraient suivre le pas. Sur le plan industriel, l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (Onudi) se concentre sur des actions qui peuvent développer la chaîne de valeur de l’industrie textile et de l’habillement, en la rendant plus circulaire et durable. En collaboration avec des marques mondiales, des experts internationaux, des parties prenantes locales et des acteurs de la chaîne de valeur textile tunisienne, l’Onudi travaille pour le développement d’une infrastructure capable de valoriser les déchets textiles post-industriels et pré-consommation, et pour développer des capacités locales qui contribuent à éliminer l’utilisation de produits chimiques dangereux dans la production textile.

Transfert des ferrailles

D’un autre côté, le gouvernement s’est penché récemment sur  le transfert des ferrailles des entreprises publiques de transport à la société tunisienne de sidérurgie El Fouladh pour valorisation et l’élaboration d’un projet de décret visant à faciliter les procédures de ce transfert.Le chef du gouvernement, Ahmed Hachani, a souligné, à cet effet, la nécessité d’identifier des solutions permettant de restituer et de valoriser la ferraille abandonnée, dans le cadre d’une démarche d’économie circulaire.Faut-il préciser que la ferraille est un déchet composé de tout type de substance ou de pièce métallique. La grande majorité de ces composants peuvent être recyclés.  La réutilisation de ces matériaux signifie que l’extraction et la production primaire ultérieure ne sont pas nécessaires, ce qui implique des coûts d’investissement et d’exploitation très élevés. D’autre part, les émissions de CO2 dans l’atmosphère sont considérablement réduites.

Le recyclage de la ferraille est une solution rentable pour les déchets industriels. Il s’agit d’un aspect important de l’économie mondiale, car il permet la réutilisation de ressources précieuses tout en réduisant les déchets et en économisant l’énergie.

Dans le monde d’aujourd’hui, l’importance du recyclage de la ferraille ne peut être sous-estimée. Avec la croissance de l’industrialisation et de l’urbanisation, la quantité de déchets générés a considérablement augmenté. Le recyclage de la ferraille est une solution durable qui contribue à réduire les déchets et à préserver les ressources naturelles.

Le recyclage des métaux réduit également les émissions de gaz à effet de serre, car cela nécessite moins d’énergie que l’extraction et le raffinage de nouveaux métaux. Cela contribue à réduire l’empreinte carbone et à lutter contre le changement climatique. Il est non seulement bénéfique pour l’environnement, mais aussi économiquement viable. Le recyclage des métaux peut économiser de l’énergie et réduire les coûts, car il est moins coûteux de recycler les métaux que d’en extraire et en raffiner de nouveaux. Cela crée également des opportunités d’emploi dans l’industrie du recyclage, contribuant ainsi à l’économie. De plus, le métal recyclé peut être vendu aux fabricants, qui l’utilisent pour fabriquer de nouveaux produits, créant ainsi une chaîne d’approvisionnement durable.

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