Aïd el Fitr: Sous le signe de la gratitude et de l’espoir   

Aïd El Fitr vient comme une récompense divine, couronnant les efforts fournis durant Ramadan. Il l’est en raison de l’impact jovial et convivial qu’il opère, non sans magie, sur les musulmans. Bonne fête !


Ramadan touche à sa fin ! Après avoir réussi à raviver, chez la communauté musulmane, les valeurs de la spiritualité appliquée, notamment le jeûne, la maîtrise de soi et des pulsions et des besoins les plus élémentaires, mais aussi le respect d’autrui et des principes religieux, c’est au tour de l’Aïd el Fitr de parachever le mois saint en beauté et dans la joie. Mais pas seulement.

La joie de l’Aid

L’Aïd El Fitr vient comme une récompense divine, couronnant les efforts fournis durant Ramadan. Il l’est, en raison de l’impact jovial et convivial qu’il opère, non sans magie, sur les musulmans. En effet, la tradition purement religieuse exige que l’on accueille l’Aïd avec des veillées familiales, où l’harmonie règne en maître. Certains en profitent pour terminer, comme il se doit, la totalité des rituels religieux dont «Salat al tarawih» (les prières nocturnes, effectuées à la mosquée), le «khatm» (clôture du Coran), «qiem al layl» (les prières précédant salat il fajr), etc.

D’autres investissent la veille de l’Aïd dans la convivialité pour se réunir autour de la dernière rupture du jeûne pour l’année. Pour les retardataires, la soirée précédant l’Aïd rime, immanquablement, avec les dernières courses nécessaires à la fête. En tout cas, c’est bien la joie qui motive les musulmans, chacun selon ses convictions voire ses priorités.

Le jour de l’Aïd représente le retour à la normale. Le café du matin est siroté et apprécié, enfin, après un mois de privation. Il est assorti de «hlow» ou délices traditionnels, achetés ou préparés à l’occasion avec amour. Les enfants attendent le jour J avec impatience pour enfiler le costume de l’Aïd : des vêtements flambant neufs, achetés à l’occasion et qui érigent nos petits en princes et princesses.

Toutefois, la joie de l’Aïd ne se limite point à l’acquisition des gâteaux ou des vêtements. Ce qui confère réellement à cette fête religieuse toute sa splendeur, c’est la pérennisation des principes de la reconnaissance et de l’espoir.   

«Haq el melh»

Pour ce qui est de la reconnaissance du mérite de la femme et sa précieuse contribution au bien-être de sa famille, elle se traduit par la fameuse tradition dite «haq el melh». Il s’agit de récompenser l’épouse ou toute autre femme ayant pris soin, tout au long de Ramadan, de préparer le dîner et régaler les palais des membres de sa famille, par un cadeau, qu’elle reçoit le matin de l’Aïd, après avoir servi le café. Le cadeau pourrait être un bijou, une somme d’argent où tout autre présent à même de lui faire plaisir. Loin d’être un simple geste de galanterie, «Haq el melh» en dit long sur le rôle de la femme à garantir l’harmonie, la convivialité et le bien-être de sa famille : une mission qu’elle accomplit quasiment instinctivement, sans même y prêter attention.

La «mahba»  et l’estime de soi

Quant au principe de l’espoir d’un avenir meilleur, porteur de la «baraka» ou de la bénédiction, il apparaît dans la «mahba» ou l’argent que donnent les adultes aux enfants en guise de cadeau. Cette pratique, qui puise dans la générosité, tend à investir dans le bonheur des chérubins, les adultes de demain. L’idée étant de faire connaître aux enfants la valeur, non pas de l’argent dans son sens commun et anodin, mais celle de l’Aïd et, à travers lui, l’estime de soi.  La «mahba», aussi consistante ou symbolique soit-elle, traduit, en quelque sorte, l’affection qu’éprouvent les adultes envers les enfants de leurs familles ou de leurs entourages respectifs. Un enfant qui n’en reçoit pas est, forcément, un enfant déçu, lésé même, voire mal-aimé.

L’Aïd clôture une parenthèse combien salutaire tant pour les adultes que pour les enfants, durant laquelle le rythme de vie a changé d’un cran, le corps et l’esprit épurés. Et bonne fête !

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