Rayhane Bouzguenda, auteure de « L’oublié dans l’histoire », premier prix « Béchir Khraief » pour la créativité littéraire à la FILT, à La Presse : «Ce succès me motive davantage pour transmettre le goût de la lecture à mes élèves»

 

L’ouverture de la Foire internationale du livre de Tunis s’est accompagnée d’une cérémonie de remise de prix. Huit récompenses au total. Concernant le premier prix «Béchir Khraief» pour la créativité littéraire, les jurys se sont retrouvés autour d’un ouvrage en particulier : «L’Oublié dans l’histoire» (Al mansi fel hikeya) de Rayhane Bouzguenda. Après le succès de librairie de ce premier livre publié en décembre 2023, le prix décerné à la Filt vaut à l’auteure d’être reconnue comme une écrivaine pleine de promesses.

La 38e édition de la Foire internationale du livre de Tunis (Filt) se tient cette année du 19 avril au 28 avril, au Parc des expositions du Kram., Cet événement, placé sous le slogan «Va au-delà de ce que tu vois avec ton livre à la main», extrait d’un poème en arabe de feu Mohamed Ghozzi, est un rendez-vous annuel de tous les acteurs du livre : écrivains, éditeurs, libraires, critiques, bibliothécaires, lecteurs.

Réunissant un beau panorama de la création éditoriale contemporaine, la programmation de la Foire internationale du livre de Tunis donne également la parole à des dizaines d’écrivains dans de nombreuses rencontres qui privilégient les approches croisées et inédites, les échanges et la découverte d’auteurs et autrices incontournables, arabes, internationaux et évidemment tunisiens. Cette célébration littéraire s’est accompagnée d’une cérémonie de remise de prix le jour de l’ouverture de la foire. Huit récompenses au total et le suspense est à son comble. Concernant le premier prix «Béchir Khraief» pour la créativité littéraire, les jurys se sont retrouvés autour d’un ouvrage en particulier : «L’Oublié dans l’histoire» (Al mansi fel hikeya) de Rayhane Bouzguenda. Ce roman reprend l’aventure de Yasmine, jeune professeur d’histoire, qui achète un livre énigmatique chez un bouquiniste et décide de suivre le destin de ses personnages qui devient étrangement lié au sien. Les scènes des personnages emblématiques et la trame détaillée sont conçues sur fond d’une enquête avec des indices, de fausses pistes et beaucoup de suspense, L’enchaînement des actions et la découverte du mystère sont accompagnés d’une note d’humour, un langage fluide et une inexplicable alchimie entre le texte, le style et le sujet qui ont été au goût des lecteurs. Après le succès de librairie de ce premier livre de Rayhane Bouzguenda, publié en décembre 2023, le prix décerné à la Filt lui vaut d’être reconnue comme une écrivaine pleine de promesses.

Nous lui avons posé quelques questions pour en savoir davantage.

Pouvez-vous nous raconter vos débuts avant la publication de votre livre «L’oublié dans l’histoire» ?

Je suis professeur d’arabe de lycée et j’ai obtenu un doctorat en langue et littérature arabe à la Faculté des lettres, des arts et des humanités de La Manouba. Je ne viens pas juste de prendre la plume. Avant, j’écrivais régulièrement dans des revues de littérature et des chroniques sur les réseaux sociaux. Il faut reconnaître que la communauté virtuelle m’a aidée et encouragée à révéler mon talent par sa bienveillance. C’est ce projecteur doux mis sur mes textes qui a facilité ma sortie de l’anonymat. Le livre a été l’aboutissement de cette maturation.

Quelles sont selon vous les clés du succès d’un premier roman ?

Le premier roman, qu’il soit un succès ou qu’il reste dans l’ombre, est toujours l’aboutissement d’un long travail d’écriture. Il faut beaucoup de préparation et une certaine endurance. Quand j’ai entamé mon projet d’écriture, j’ai fait de mon livre une priorité, en lui réservant des créneaux dans mon planning. Il fallait que j’impose des plages de rédaction dans mes journées saturées par le travail et la vie de famille. De plus, il faut avoir un style innovant. En dépit de sa légèreté apparente, mon roman est bien consistant. A travers mon personnage principal, qui est prof, tout comme moi, j’ai tenté d’élucider le réel par l’expression de mes propres soucis.

En s’attachant à l’aventure phrase après phrase, le lecteur se trouve attentif à des problématiques en rapport avec mon domaine de travail, l’enseignement, et aux inquiétudes qui ont accompagné ma première expérience de romancière.

De la rédaction à la récompense, le chemin est-il facile ? Publier un livre pour la première fois est un grand moment après une bonne période à se demander quel destin lui sera-t-il réservé?

Quand on a un manuscrit de roman dans ses tiroirs, trouver un éditeur n’est jamais une tâche aisée. Même avec toute la bonne volonté et la motivation du monde, c’est un défi de longue haleine qui risque de décourager plus d’un auteur. Après de longs mois d’attente, mon roman a été accueilli par des lecteurs enthousiastes et s’est vendu à plusieurs exemplaires. Je voudrais donc encourager tous les jeunes et moins jeunes qui hésitent encore à sortir leur écrits de l’ombre. Il n’y a pas d’âge pour se lancer et défendre son talent.

Comment avez-vous vécu les suites de ce premier succès ?

Mon roman a été choisi sur une liste de 28 œuvres. Cette distinction est un honneur que je croyais être hors de portée. Les prix littéraires sont le symbole d’une belle reconnaissance du travail accompli mais aussi un coup de pouce indéniable pour nous, les débutants. De plus, comme je suis enseignante, dans ma classe, les cours classiques ont laissé place à beaucoup d’inventivité, de participation…jusqu’à des interprétations des histoires incluses dans mon livre. Ce succès me motive davantage pour transmettre le goût de la lecture à mes élèves, comme il est essentiel pour leur épanouissement et leur réussite.

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