L’Aïd El Kebir, cette fête enracinée et bien ancrée dans nos traditions est toujours célébrée avec beaucoup d’éclat.

Dans toutes les délégations du gouvernorat de Kairaouan, il revêt une grande importance pour sa dimension religieuse, sociale et civilisationnelle.

En outre, c’est une fête qui rapproche les gens, soude les familles et provoque des retours d’affection avec des visites inattendues et des SMS de parents ou d’amis lointains.

Par ailleurs, l’importance de l’Aïd El Kebir se révèle dans la précocité des préparatifs qui commencent deux à trois semaines avant le jour «J».

Beaucoup de familles procèdent à l’acquisition d’un mouton bien avant le jour de l’Aïd. Il est placé dans le garage, s’il y en a, le jardin et parfois même dans la balcon.

Le soir, c’est le concert de bêlements à n’en plus finir. Dans les quartiers populaires et en milieu rural, on observe des moutons en laisse, des organisateurs de combats et des troupeaux entiers entassés dans des camionnettes.

Dans les pâturages, les bergers qui veillent sur des troupeaux de moutons font signé aux véhicules qui passent. Et l’on assiste ensuite à de longues scènes de marchandage. Evidemment, les prix augmentent considérablement à l’approche de l’Aïd, notamment pour la race barbarine à grosse queue, dont la viande est très tendre et savoureuse.

A côté de cela, la plupart des familles précédent à l’étamage des ustensiles en cuivre, au nettoyage des récipients  et à l’achat des condiments, des épices, des fruits et des légumes.

Les rémouleurs à l’œuvre

Par ailleurs, rares sont les personnes qui achètent des moutons égorgés chez le boucher. Car la plupart des gens préfèrent immoler la bête en famille où l’on essaie de créer une ambiance festive et goûter aux vieilles recettes des grand-mères, dont le couscous au osbèn, la mloukhia, le borghol, la hergma et le melthouth à la tête du mouton.

N’oublions pas dans ce contexte les petits métiers qui, à cette occasion, prennent vie et corps. Tel celui des affuteurs qui, tous les ans, à l’approche de l’Aïd, reprennent du service.

Outre les boutiques situées au sein de la Médina, certains rémouleurs s’installent à tous les coins de rues, proposant leurs services à des passants, occupés tous à préparer la fête pour laquelle couteaux, coutelas et machettes, tout au long de l’année abandonnés, ont besoin d’un coup de neuf. Ainsi, à longueur de journée, on a l’occasion de voir ces artisans occasionnels s’affairer aiguisant des lames dont tout le monde a vivement besoin.

Tabouna, siniya et pain au blé dur

La vieille de l’Aïd, beaucoup de mères de familles préparent la quantité de farine, dont elles auront besoin afin de pouvoir préparer la tabouna, la siniya ou pain au blé dur à cause de l’absence de cette denrée alimentaire durant les jours de fête.

En effet, à l’occasion de l’Aïd El Idha, les services et commodités de la vie se réduisent à leur plus simple expression. Or, il est inexplicable que toutes les villes se retrouvent, le jour de la fête, privés de boulangeries, d’épiceries ou autres activités qui caractérisent la vie sociale.

Bonne fête quand même…

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