C’est l’affaire de l’été 2019 aux États-Unis: la mort en prison du riche financier et membre de la jet set américaine, Jeffrey Epstein.

Incarcéré depuis juillet pour de multiples agressions sexuelles présumées sur mineures, de 2002 à 2005, dans ses nombreuses propriétés, notamment à Manhattan et en Floride, le sexagénaire a été retrouvé inanimé à l’aube samedi au Metropolitan Correctional Center, la même prison où fut enfermé jusqu’en juillet le célèbre narcotrafiquant mexicain Joaquin Guzman «El Chapo», auteur de deux évasions spectaculaires au pays de Pancho Villa.

Cette mystérieuse mort qui nous renvoie pour le moment vers un « suicide » a fini par faire tache d’huile sur les réseaux sociaux comme en témoigne le hashtag « #EpsteinMurder »  (en français: #EpsteinMeurtre) devenu viral à peine quelques heures après l’annonce de la mort d’Epstein.

En effet, en raison des hommes de pouvoir qu’il avait fréquentés – du prince Andrew à Bill Clinton, en passant par l’ex-émissaire spécial pour l’Irlande du Nord George Mitchell ou le patron de Victoria’s Secret Leslie Wexner -, les théories du complot laissent entendre que ce détenu VIP aurait était neutralisé par des personnes influentes pour le réduire au silence.

« Mort de suicide alors qu’il est surveillé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 ? Ouais, d’accord ! Comment cela arrive-t-il ? » Cette question a été mise en exergue par Terence K. Williams, un humoriste et commentateur conservateur, dans un tweet partagé 70 mille fois entre sa publication samedi et mardi après-midi.

Et parmi les personnes ayant retweeté le message-vidéo de ce bouffon, on compte notamment le président des États-Unis, Donald Trump en ayant insinué sur son compte Twitter que les Clinton (Bill et Hillary) auraient cherché à le faire taire.

Et les réactions ne se sont pas fait attendre. Dans le camp adverse (Le Parti démocrate), plusieurs candidats à l’élection présidentielle 2020, dont le Texan Beto O’Rourke et le sénateur du New Jersey Cory Booker, ont dénoncé vivement le message de l’actuel locataire de la Maison Blanche.

« Ce que (Trump) fait est dangereux : non seulement il donne vie à des théories du complot, mais il fait aussi monter la colère et pire contre certaines personnes », a déclaré Cory Booker.

Certes, la réaction du « Commander-in-chief » a provoqué l’ire des Démocartes, mais lors d’une conférence de presse, le ministre américain de la Justice, William Barr a reconnu de « graves irrégularités » dans la prison fédérale au moment de sa mort.

«Je peux vous assurer que l’enquête va continuer, visant quiconque (ayant été) complice d’Epstein. Aucun complice ne dormira tranquille», a déclaré Barr, lors d’une conférence.

En effet, l’établissement aurait été à court de personnel et plusieurs gardiens ont dû effectuer des heures supplémentaires le soir de son présumé suicide, selon l’agence de presse Associated Press (AP).

Parallèlement, le staff du Metropolitan Correctional Center n’aurait pas suivi le protocole dans les moments qui ont précédé la mort d’Epstein, souligne le très sérieux New York Times.

« Des gardes avaient la tâche de vérifier la cellule de Jeffrey Epstein toutes les 30 minutes, mais cela ne s’est pas fait la veille de son suicide. », fait savoir  un représentant de la loi sous le sceau de l’anonymat au quotidien new-yorkais.

Voilà des révélations qui pourraient provoquer une onde de choc dans l’establishment américain à moins de 15 mois de la présidentielle du 3 novembre 2020.

D’ailleurs, outre les deux enquêtes en cours, l’une portant sur les carences «pour sécuriser de manière adéquate» la prison de Manhattan et l’autre sur la traque d’éventuels complices des agressions sexuelles dont est accusé le financier déchu, le débat politique à distance entre les deux mastodontes de la politique américaine — le « Grand Old Party » (GOP) et le « Democratic Party » —  a de fortes chances de virer au vinaigre.

Manifestement, l’affaire Epstein pour ne pas dire l’Epsteingate n’a pas encore révélé tous ses secrets. Wait and see !

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