25e Rapport annuel du Haut Comité Administratif et Financier (Hccaf) : Le coût de la mauvaise gouvernance plus élevé que celui de la corruption

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L’élaboration de l’inventaire des  parcs existants, la gestion du carburant, l’affectation des véhicules, les procédures d’assurance et de réassurance et l’entretien et la gestion des achats des véhicules constituent les fautes et les défaillances  les plus commises lors de la gestion des parcs automobiles du secteur public.

Le Haut comité de contrôle administratif et financier (Hccaf), a tenu hier à Tunis une conférence de presse afin de présenter son 25e rapport annuel. Outre les résultats enregistrés, il était également question de mettre un focus sur la gouvernance  du parc automobile dans les entreprises et établissements publics tout en mettant l’exergue sur les résultats des suivis réalisés. 

Plus de 4.000 défaillances et fautes de gestion commises

«Le coût de la mauvaise gouvernance est beaucoup plus élevé que celui de la corruption», a martelé le président du Hccaf, Kamel Ayadi, dans une déclaration aux médias. Il a précisé, à cet égard, que les missions de contrôle et d’audit effectuées par le comité s’adressent plutôt aux nids de mauvaise gouvernance et de gestion. L’objectif étant de cerner les défaillances et les fautes commises suite à une transgression de la loi ou du cadre réglementaire en vigueur. Il a également souligné que le comité assure le suivi des rapports élaborés par les organes de contrôle et d’audit qui existent dans les diverses  structures publiques.

S’exprimant sur les résultats réalisés, Kamel Ayadi a déclaré qu’un total de 4.102 défaillances et fautes de gestion commises dans les diverses structures et établissements publics a été retenu durant l’année 2018, avec un taux de correction qui a dépassé les 74%. Le président du Hccaf a souligné que le suivi des rapports de contrôle et d’audit a atteint un taux très satisfaisant  aux alentours de 90%. «Chaque année, le comité reçoit 100 rapports de contrôle administratif et financier auprès des gestionnaires et administrateurs publics. L’année dernière, nous avons parachevé le suivi de 91 rapports. A cet égard, il ne faut pas omettre qu’une seule défaillance commise par un gestionnaire public peut coûter des millions de dinars à la communauté nationale. A titre d’exemple, on peut citer le cas des marchés publics où  le coût d’une simple défaillance  peut atteindre les 6,3 millions de dinars», a déclaré Kamel Ayadi.

Vers l’optimisation de la gestion du parc auto

Intervenant sur la gestion du parc automobile dans les établissements et administrations publics, l’expert Mohamed Amri a fait savoir que le suivi de proximité effectué auprès des parcs automobiles de sept structures publiques, notamment la présidence du gouvernement, l’Office national de l’assainissement (Onas) et la Poste tunisienne a révélé que 75% de l’ensemble des défaillances commises sont réparties comme suit : plus de 25% relatives à l’élaboration de l’inventaire du parc existant, 17% liées à la gestion du carburant, plus de 15% dues à l’affectation des véhicules, 17% liées aux procédures d’assurance et de réassurance et plus de 24% commises lors de l’entretien et la gestion des achats. Amri a souligné, à cet effet, que plus de 80% des fautes ont été corrigées.

«Tout en sachant que le parc automobile dans le secteur public compte 91 505 véhicules, que le budget alloué à l’entretien et la gestion du carburant au titre de l’année 2019 s’élève à 500 millions de dinars et que le taux de correction et de suivi des fautes commises pour l’achat de nouvelles voitures et la gestion du carburant s’élève respectivement à 100% et 92,5%, on peut conclure le manque à gagner récupéré grâce aux recommandations de bonne gouvernance élaborées dans les rapports précédents», soutient-on.

Par ailleurs, Kamle Ayadi a précisé, dans une déclaration aux médias, que des cas de conflits d’intérêts ont été rapportés lors de l’octroi des marchés publics. Il a expliqué, à cet égard, que l’application de la loi relative à la lutte contre les conflits d’intérêts est désormais confrontée à plusieurs difficultés, surtout que sa définition demeure ambiguë pour les citoyens.

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