Billet : Chanceux aussi !

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Nous aimons bien notre sélection. Nous l’avons soutenue dès son premier match contre l’Angola et jusqu’aux ultimes moments du match de classement face au Nigeria. Mais aimer sa sélection ne veut pas dire la rendre intouchable, ou la qualifier d’extraordinaire. On peut dire que nous avons une bonne sélection, mais pas exceptionnelle. Ce n’est ni le potentiel, ni les individualités de l’Algérie, du Sénégal ou même de la Côte d’Ivoire. En même temps, c’est une sélection pas autant prévisible et qui peut vous enchanter comme vous décevoir dans un même match. Sauf que du côté de la sélection, on a tendance ces jours-ci à «exagérer» la 4e place (un classement qui ne veut rien dire et qui ne permet pas de monter sur le podium). Encore une fois, le parcours de l’équipe de Giresse dans cette CAN est aussi atypique qu’imprévisible. D’abord, trois nuls et une prestation qui nous valent trois petits points et une qualification «chanceuse». Eh bien parlons chance, cette variable extrapositive et qui, pour ceux qui connaissent le football, a un énorme poids dans les performances. Notre sélection a été chanceuse surtout au premier tour. Des exemples? On doit notre qualification en 1ère position à la Mauritanie qui nous a «aidés» en glanant un point contre l’Angola. Sinon, on serait qualifié à la 3e place. Face à cette même Mauritanie, on a échappé à une défaite «méritée». Heureusement que la chance était de notre côté. Au deuxième tour, on tombe dans la moitié du tableau docile. Ça n’a rien à voir avec les équipes de l’autre moitié. L’Algérie, la Côte d’Ivoire, l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Cameroun, le Nigeria, la Guinée, voilà des sélections beaucoup plus fortes que celles de notre tableau. Face au Ghana, nous avons gagné grâce à un Ben Mustapha décisif dans les tirs au but, et puis aussi grâce à l’inefficacité des attaquants ghanéens, à l’image de Jordan Ayew qui avait la balle du match. On joue par la suite Madagascar, la sélection-surprise, qui ne pouvait pas aller encore plus loin. On se retrouve donc en demi-finale qu’on aurait pu gagner avec plus de sérieux.
Eh bien dans tout cela, on ne doit pas dessiner un tableau noir, mais en même temps, nous devons évaluer la sélection à sa juste valeur. Surtout pas rentrer dans cette dangereuse manipulation des résultats de la CAN. Si on avait été moins chanceux au premier tour, et si on était tombé contre des adversaires plus costauds, l’analyse serait autre.
Les résultats restent le premier critère, mais pas seulement. L’attitude collective, la qualité des individualités, la gestion des moments forts, et surtout la solidité du groupe rentrent aussi dans cette histoire. Qu’on ne trompe pas les gens : c’est une bonne équipe au meilleur des cas, c’est un sélectionneur hésitant et peu autoritaire, et ce sont des vestiaires tendus et «inéquitables». La chance ne peut pas être toujours de nos côtés. Si on veut gagner la CAN, il faut un autre modèle et des joueurs plus soudés et encore plus motivés. Dans ce cas, la chance sera un bonus, pas plus!

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