Jemli présente les contours d’une «gouvernance politique responsable »

2,064

J’ai choisi l’équipe sur la base de l’intégrité, de la compétence, de la propreté de la main et la capacité de gestion et de réalisation dans l’unité, loin des considérations partisanes qui ne cadrent pas avec la conjoncture du pays. Le gouvernement est le fruit d’un long et difficile marathon de concertations avec les principaux acteurs politiques et sociaux, a déclaré le chef du gouvernement désigné Habib Jemli.

Et d’affirmer que la nouvelle équipe choisie a exprimé son enthousiasme d’assumer pleinement sa responsabilité nationale et d’atteindre les objectifs escomptés.

« Les Tunisiens sont exaspérés par les tiraillements politiques et attendent de la classe politique des solutions face à la détérioration de leur pouvoir d’achat et la garantie d’un avenir meilleur pour leurs enfants », a-t-il relevé.

Jemli a tenu dans ce sens à préciser qu’il ne s’engagera pas dans des promesses irréalistes et irréalisables.

Le chef du gouvernement désigné a annoncé dans son allocution la création d’une charte d’honneur fixant les responsabilités des membres du gouvernement.

Il a parlé dans ce sens d’une nouvelle démarche basée sur l’évaluation, le contrôle et la redevabilité de chaque membre du gouvernement, laquelle démarche, sera généralisée à toutes les institutions pour baliser le terrain à un « État de gouvernance politique responsable ».

En vertu de la charte, chaque membre présente son programme détaillé au parlement, s’engage à le réaliser et dresse ensuite le bilan de son action.

Il a ajouté que l’équipe, qui se tient à équidistance de tous les partis, demande le soutien du parlement pour entamer son programme.

« Nous sommes conscients du poids des responsabilités et nous affirmons notre disposition à faire face aux difficultés et aux défis ».

La Tunisie recèle un important potentiel humain qui lui garantit les attributs de la réussite, a-t-il estimé, réitérant la détermination de la nouvelle équipe gouvernementale à œuvrer sans relâche pour réaliser la stabilité économique et sociale. « Nous n’avons d’autre choix que de réussir ».

Face à une situation économique et financière difficile, il faut hâter les réformes dans un cadre protégeant les intérêts de la Tunisie et son peuple dont en premier, les catégories vulnérables, a-t-il préconisé, mettant en exergue le principe de la cohésion sociale.

Jemli propose dans ce sens, de renforcer l’intervention de l’État dans le domaine social. Il a suggéré la création d’un fonds social de lutte contre la pauvreté avec une contribution de l’État à hauteur de 200 millions de dinars. Il a soulevé le besoin pressant de réformer le système de la couverture sociale en assurant minimum d’intervention de l’État au profit des démunis.

Jemli a aussi mis en avant la réforme du système de santé à travers notamment le renforcement de la santé de proximité, la médecine de famille et un meilleur déploiement des cadres médicaux dans les régions. Il a, également, souligné l’importance de la complémentarité entre les secteurs public et privé.

Dans le domaine économique, il a, notamment évoqué le besoin de rétablir la confiance des investisseurs dans la Tunisie et du besoin de mettre en place un mécanisme qui permet au gouvernement d’approuver les grands projets d’investissement à travers des décrets gouvernementaux dans le but d’écourter les délais, insistant sur la nécessité d’améliorer la visibilité de la Tunisie auprès des investisseurs.

Aujourd’hui la Tunisie est appelée à parachever sa transition et asseoir les fondements de la deuxième République, a-t-il relevé, mettant l’accent sur l’urgence de compléter l’instauration des instances constitutionnelles dont en premier la Cour constitutionnelle, en application de la constitution et en consécration de l’État de droit.

Il a mis l’accent, aussi, sur le parachèvement de la décentralisation et la consolidation de la jeune expérience de la gouvernance locale en renforçant l’autonomie financière et de gestion des collectivités locales.

Jemli suggère, par ailleurs, la création de centres de réflexion regroupant des experts dans différentes disciplines pour projeter la Tunisie 2050 et de les doter des moyens financiers nécessaires.

Le chef du gouvernement désigné a, sur un tout autre registre, exprimé l’inquiétude face à la situation en Libye, mettant en évidence l’engagement à poursuivre les efforts pour faire prévaloir le bon sens et le consensus entre les factions libyennes sous les auspices des Nations Unies. Il a ajouté que la Tunisie, qui assure actuellement le mandat de membre non permanent du conseil de sécurité, soutient le dialogue et se présente comme force de propositions positives défendant les justes causes dont en premier lieu la cause palestinienne.

En conclusion Jemli s’est dit prêt à revoir sa composition si nécessaire.

Un commentaire

  1. Liberte

    10/01/2020 à 12:15

    Si on n’est pas d’avoir la confiance de l’ARP , on laisse tomber et on essaye de faire autre chose.

    Répondre

Laisser un commentaire