Insécurité: que faire face au brigandage urbain?

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La consternante augmentation des attaques à main armée ou des braquages revient comme un leitmotiv rappelant qu’on vit aujourd’hui dans l’insécurité et que la lutte n’est plus seulement du ressort du département de l’Intérieur


Les braqueurs ne manquent plus d’imagination et d’audace et s’at- taquent à leurs proies en plein jour sans risque d’être inquiétés. L’indifférence des citoyens à l’égard de ce qui se passe autour d’eux, la peur de porter secours à autrui dans ces graves moments, ainsi que la faible présence d’unités de police sur le terrain et la souplesse des textes de loi poussent les malfrats à la récidive, ne reculant devant rien même s’ils sont filmés par les caméras de surveillance !

La loi favorise-t-elle les braqueurs ?

On a peut-être favorisé la lutte contre le terrorisme au détriment de la lutte contre la délinquance et le crime. Les unités de po- lice manquent terriblement de moyens mais aussi de soutien. L’un des cadres sécuritaires nous a confié que «ce n’est plus comme avant», ajoutant que la législation en vigueur favorise aujourd’hui les braqueurs qui peuvent recouvrer la liberté quelques heures après leur arrestation. La loi les protège beaucoup plus que les sécuritaires dont la carrière peut être remise en cause en cas d’utilisation de la force à leur égard. L’attaque «spectaculaire» d’une salle de coiffure à El Menzah 9 à Tunis dimanche marque un acte de défi aux unités sécuritaires puisqu’elle intervient à un moment où ces dernières étaient en alerte et ont multiplié les campagnes suite au décès d’un très jeune militaire dans un métro après avoir été attaqué par des malfaiteurs qui lui ont subtilisé son portable. Le braqueur qui a fait irruption dans le salon de coiffure s’est emparé de plusieurs objets de valeur et de téléphones portables devant le regard hébété des clientes. Il a ignoré les caméras de surveillance et n’a pas cherché à se couvrir le visage. Cerise sur le gâteau, il est reparti avec la voiture de l’une des clientes.

Le malfaiteur est toujours en fuite. La Tunisie doit se doter d’une réelle stratégie nationale de lutte contre la délinquance et la criminalité qui doit être accompagnée impérativement par la lutte contre la drogue qui prend une ampleur alarmante, la prévention de la violence en milieu scolaire. C’est tout une chaîne indissociable et l’approche de la lutte contre le crime doit être globale et non seulement sécuritaire.

Des statistiques contradictoires

On ne sait pas si la criminalité est en nette augmentation dans le pays ou pas. Les statistiques présentées par le département de l’Intérieur diffèrent de celles présentées par l’Institut tunisien des études stratégiques (Ites)! La Tunisie se classe 10e dans le monde arabe et 73e dans le monde en matière de criminalité. Inquiétant. Mais le ministère de l’Intérieur n’est pas du même avis. On sait que les statistiques sont l’art de mentir avec les chiffres et point n’est besoin de botter en touche et cacher une réalité criarde. Les dernières déclarations du porte-parole du MI concernant la succession d’actes de braquages ne sont pas de nature à rassurer le citoyen mais la solution est ailleurs et la lutte n’est pas que du ressort de ce département. Il ne faut pas se perdre en conjectures et s’échiner à défendre l’indéfendable.

En effet, lors d’une conférence internationale organisée en 2018 par la présidence de la République et le Centre pour la gouvernance du secteur de la sécurité (Dcaf) sous l’intitulé «Protection des jeunes contre la délinquance et la criminalité », l’accent a été mis sur la nécessité d’associer « des mesures de développement socioéconomique et d’accompagnement psychosocial aux politiques répressives qui, bien que nécessaires, ne peuvent à elles seules prévenir efficacement le phénomène de la criminalité des jeunes ». Le renforcement de la coordination entre les différents services publics, à tous les niveaux de l’Etat, a également été abordé.

 

2 Commentaires

  1. Liberte

    29/01/2020 à 15:20

    L’insécurité est un domaine que nos agents de sécurité ne veulent pas entendre, bref l’été dernier en vacances je me suis fait voler mon portable et je suis allé porter plainte au poste de police, après avoir rempli plusieurs formulaires et surtout reçu comme un chien par la police un moyen simple était la géolocalisation par mon EMEI que j’avais noté sur mon ordinateur, alors là on me prend pour un imbécilité et on me répond que je ne suis pas en Europe et que ce genre de recherches dépasse leur compétence,et pourtant c’est simple un simple portable ou un ordinateur peut localiser mon portable et on peut intercepter le voleur facilement. Héla les policiers refusent d’être faire le nécessaire en prétendant qu’ils n’ont les moyens nécessaires et on me fout dehors comme un malfrat pour même me menacer de la prison pour insulte aux agents de police. Le monde a l’envers

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  2. barket

    30/01/2020 à 08:17

    Il m’est arrivé la même chose dans le centre ville de Tunis. On m’a arraché ma chaîne en or en plein jour. L’individus a été filmé par la caméra d’une banque, est reconnue par les policiers. je me suis débattu avec la banque afin d’obtenir les images de la caméra et les livrer à la police. Au poste de la rue Charles De Gaule, on m’a reproché de porter une chaîne, tout en avouant connaitre l’individus. On a enregistré ma plainte avec promesse d’être contacté. Voila deux ans, et je ne vois rien. Au poste, on m’a demandé la valeur de la chaîne (sans soude pour partager équitablement avec le voleur le butin). Je suis convaincu qu’il y a entente entre certains policiers et voleurs. Pauvre Tunisie, j’ai vite fait de prendre l’avion et rentrer en Europe.

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