
M’hamed Jaïbi, journaliste, éditorialiste, chroniqueur et ancien rédacteur en chef à La Presse, vient de tirer sa révérence après un long combat contre la maladie. C’est avec un cœur meurtri, empreint d’une émotion que ses amis, ses collègues et les membres de sa famille ont porté hier sa dépouille jusqu’à sa dernière demeure. Avec lui disparaît un pan entier de l’histoire de La Presse et de la critique politique et économique en Tunisie.
Sa vie a été une grande fresque aux couleurs de l’amour de sa patrie, du journalisme et de la politique. Journaliste aux casquettes multiples, grand intellectuel, il consacra sa vie au journalisme qui restera pour lui la forme la plus attachante de la liberté d’expression.
Il avait intégré La Presse vers la fin des années 80, et a côtoyé les quelques vétérans, comme Bady, Midouni, Fadhel, Labassi , Maouia, Mahfoudh, Grioui, B. Mrad, Seddik et d’autres encore.
Mais l’originalité de M’hamed Jaïbi, que nous pleurons aujourd’hui, c’est la rareté du spécimen. Il est l’équivalent d’un nombre illimité d’hommes. C’est un éternel rêveur. Son sens inné de la politique et sa finesse fondent le secret latent de la personnalité de cet homme dont la volonté est constamment tendue vers l’action et la création. A chaque rencontre avec lui, vous aurez l’impression d’avoir affaire à un homme différent, à un homme nouveau et qui est toujours plus beau, plus fin. Après lui, La Presse ne sera plus La Presse. Trop de disparitions, trop de chagrin pour une famille qui se réduit à vue d’œil.
La vie ne dure qu’un instant, l’amour pour les défunts est éternel. Adieu M’hamed. Ton nom restera gravé à jamais dans nos cœurs !