Accueil Culture Mes odyssées en Méditerranée | Siciliens de Tunisie: Raffaele Cannamela, peintre goulettois de Tunisie

Mes odyssées en Méditerranée | Siciliens de Tunisie: Raffaele Cannamela, peintre goulettois de Tunisie

Il ne fait aucun doute que nous tous, enfants de cette « Tunisie sicilienne », nous pouvons commencer notre histoire comme l’a fait Claudia Cardinale dans son livre « Moi Claudia, Toi Claudia » … Venu de Trapani, le père de Raffaele Cannamela, s’installa à La Goulette, à côté du Vieux-Port de cette ville côtière fort agréable à vivre, où une grande partie de Siciliens s’y étaient installés.

La Goulette est décrite comme une ville blanche au bord de mer, des maisonnettes en bois et en taule blanche, un mode de vie que toute la famille Cannamela a entretenu et transmis à ses enfants et petits-enfants, partis en France tout de suite après l’indépendance du pays.

Raffaele Cannamela est né un beau jour de 1934 (on ne connaît pas exactement le jour exact de sa naissance) à la rue Cothon, à La Goulette, quartier de la « Piccola Sicilia ». Randonneur, cuisinier, pêcheur, chasseur. Avec une seule main, il savait tout faire. En effet, Raffaele avait perdu sa main gauche en 1944, tout en jouant avec son frère dans une des rues de la « Piccola Sicilia ». Il trouva un obus qu’il ramena tout excité à la maison pour le montrer à son grand-père, en train de faire la sieste dans sa chambre. Tout d’un coup, l’obus explosa, tranchant complètement la main gauche au petit Raffaele, âgé de 10 ans et amputant quelques doigts à son frère. Le grand-père en est sorti indemne.

Dans les années 90, vivant déjà depuis une vingtaine d’années en France, ce grand collectionneur, supporteur de l’OMarseille, vient rajouter un violon d’Ingres à sa vie : la peinture. Il commencera par peindre la vue de sa ville d’adoption : Marseille. Bien évidemment, la Tunisie est toujours dans son cœur et jamais bien loin. Suivront plusieurs vues de sa terre natale, son pays. Un bédouin dans le désert, des jasmins en fleur, des bougainvilliers, des paysages, l’église de La Goulette et, bien évidemment, le canal…Al Boughaz)

« Son canal », que Raffaele retrouvait chaque jour en rentrant du travail, tout en descendant du TGM. Toute sa vie, Raffaele resta un fervent défenseur de l’identité goulettoise, attaché à ses racines et à cette mémoire qu’il défendra jusqu’à son dernier jour.

Raffaele Cannamela était passionné de photographie, de vidéos. Ayant vécu en Tunisie jusqu’aux années 70, il ramena des films Super 8 de ce pays, que sa famille avait quitté entre 1956 et 1960. Grand croyant, il faisait partie avec ses frères du « Comité de la Madone de Trapani » et il participait activement aux processions du 15 août à La Goulette. Passionné par la généalogie, il a su aller chercher les racines familiales à Trapani et guettait toute information susceptible de compléter son arbre généalogique.

Raffaele, comme d’ailleurs ses frères Baptiste, Antoine… étaient sur les papiers Français ou Italiens, mais si vous demandiez à chacun d’eux, d’où étaient-ils, ils répondaient tout fièrement « Je suis Goulettois ».

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