Noyades en série : En cause, l’absence de sauveteurs

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L’absence ou le manque de maîtres-nageurs aux abords des plages tunisiennes est une véritable plaie qui démontre la dangerosité de la baignade en mer pour les plus jeunes…

Malgré les appels à la vigilance du ministère de l’Intérieur, une série effroyable de noyades sévit dans le pays du Nord au Sud. Le département ministériel, qui recommande la baignade dans des plages gardées par des maîtres-nageurs, appelle à la prudence extrême «à cause de turbulences météorologiques» et au recours à la Protection civile, en cas de besoin. Le général brigadier Moez Triaa, porte-parole de la Protection civile, estime lourd le bilan humain avec 7 cas de noyades recensés le seul dimanche 10 juillet 2022.

A Bizerte et à Monastir, 3 jeunes filles ont péri à la fleur de l’âge. Un cas de noyade de deux sœurs a été enregistré à Bizerte. Une fille a également péri à la corniche «charf» de la délégation Bakalta du gouvernorat de Monastir, dans des circonstances dramatiques. Enfin, un dernier cas d’un garcon de 12 ans mort dans une plage à Skhira dans le golfe de Gabès ameute la population tunisienne.

Malgré les campagnes de sensibilisation répétées des unités de la Protection civile pour des «vacances en sécurité», les pertes en vies humaines sont nombreuses. «Deux sœurs agées de 14 et 18 ans qui se sont rendues à la plage, non contrôlée de Dar El Jenna, se sont noyées, malgré une interdiction de baignade de la Protection civile».

Observation des drapeaux

Sans considérer l’ensemble des plages où les jeunes se sont noyés comme non propices à la baignade, M. Triaa estime que le manque de vigilance sur la couleur du drapeau à l’arrivée des baigneurs est une faute en soi. Le drapeau rouge stipule une interdiction absolue de baignade.

Le drapeau orangé signifie que le baigneur va nager à ses risques et périls et ne le devrait pas. Seul le drapeau vert permet une baignade dans des conditions normales avec une mer calme, sans danger et contrôlée. La présence de grandes eaux avec ou sans mer agitée, les plages vierges sans accès, les beaux paysages mais qui comportent des risques de noyade, les plages rocheuses sont à éviter en toute circonstance, selon M. Triaa, et sont généralement marquées du drapeau orangé ou rouge.

En attendant, les jeunes citoyens mal informés et peu conscients du danger se noient pendant que parfois d’autres sont sauvés de la noyade. Le surplus de sauveteurs dans une plage environnante, la baie de Sidi Bou Saïd, étonne. En effet, des riverains affirment que 5 maîtres-nageurs y sont présents grâce au concours de la municipalité de Sidi Bou Saïd, chose qu’on ne peut vérifier ailleurs… La coordination avec les municipalités pour renforcer le contrôle est évoquée par M. Triaa.

Noyades en série

M. Triaa a ajouté que les unités de la Protection civile ont également pu secourir de nombreux cas et transférer certains d’entre eux vers des hôpitaux pour difficultés respiratoires. M. Triaa a indiqué que d’autres cas de noyade ont été enregistrés sur la plage de La Marsa d’un jeune de 19 ans et un deuxième cas d’un jeune de 21 ans sur la plage de Rafraf à Bizerte. A Soliman, un cas de noyade d’un jeune de 20 ans a été enregistré, décédé après avoir été transporté à l’hôpital. Cela malgré les appels de la Protection civile à la nécessité d’éviter la baignade sur les plages de Marsa Dar Chabab, Marsa-Cube, Marsa Corniche et Marsa «Kobbet Hwé», en raison «de forts courants d’eau et une mer très agitée».

Du 1er juin au 10 juillet 2022, la Protection civile a recensé 35 cas de noyade contre 24 à la même période de l’année dernière. Une augmentation qui s’explique par le manque de vigilance des baigneurs qui ne doivent pas se rendre dans les plages non gardées par la Protection civile. Du reste, le général brigadier estime que seuls 152 points de mer sont propices à la baignade en Tunisie.

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