ZOOM ACTU | Hydrogène vert : Alternative avancée vers une énergie durable et propre

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L’hydrogène vert, en tant que source d’énergie propre et renouvelable, peut devenir un important produit d’exportation de l’Afrique vers l’Europe, afin de substituer les énergies fossiles et achever la transition énergétique. Cette nouvelle ressource se présente, de ce point de vue, comme vitale pour l’Afrique afin qu’elle puisse offrir, à sa population, des services énergétiques performants et fiables, en faveur d’un développement économique soutenu, d’une intégration régionale fortement ancrée et de l’industrialisation des pays du continent.

Alliance africaine

Une alliance africaine pour l’hydrogène vert  a été fondée par l’Egypte, le Kenya, l’Afrique du Sud, la Namibie, le Maroc et la Mauritanie pour faire de l’Afrique un leader dans le développement de cette énergie propre. Favorisant l’accès à des sources d’énergie non-polluantes et abordables, cette initiative vise également à réduire la dépendance aux combustibles fossiles et à accélérer la transition vers de nouvelles technologies énergétiques. L’alliance prévoit d’élaborer des politiques publiques et réglementaires afin de stimuler la production d’hydrogène vert pour l’usage domestique et l’exportation. Elle prévoit de collaborer avec le secteur privé, les institutions de financement du développement et la société civile. L’Egypte, avec huit projets déjà dans le secteur, se positionne comme un futur grand producteur et exportateur d’hydrogène vert. Le 27 juillet dernier, l’Egypte a signé un protocole d’accord pour la mise en place d’une usine de production d’hydrogène vert, d’une capacité de 220 000 tonnes par an, dans la zone économique du Canal de Suez, avec des investissements de 8 milliards de dollars. L’Afrique du Sud prévoit de produire environ 500 000 tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2030. En Namibie, un projet d’hydrogène vert de 9,4 milliards de dollars est également prévu. Des projets similaires sont aussi prévus au Kenya, en Mauritanie et au Maroc.

C’est dire que de nombreux experts en énergie dans le monde ne cessent d’évoquer le dossier de production d’hydrogène vert, le modèle économique, le coût de production et les enjeux de cette industrie naissante. Notons que la demande mondiale en hydrogène continuera de croître, alors que l’hydrogène gris (fabriqué à partir de gaz naturel) reste, quant à lui, le plus utilisé dans le monde à l’heure actuelle. Pour que l’hydrogène vert (fabriqué de manière décarbonée) soit compétitif face au gris, il faut que l’électricité qui le produit soit verte. Cette année et pour la première fois, l’hydrogène vert est moins cher que l’hydrogène gris, parce que le prix du gaz a flambé et que celui des renouvelables a baissé. La plupart des pays adoptent des plans pour une transition énergétique et des engagements qui s’inscrivent souvent dans un objectif de «neutralité carbone». Les impacts des mesures envisagées sont colossaux et suscitent donc légitimement de nombreuses interrogations et controverses. L’énergie est au cœur de ces engagements de Net Zéro Carbone, les enjeux du développement des énergies propres permettront la réalisation des objectifs de développement durable et la stabilisation du réchauffement climatique à 2°C, tel est l’objectif visé par la COP21. Dans ce sens, une stratégie de développement de l’hydrogène vert, vecteur de transition énergétique et de croissance durable, a été mise en place par plusieurs pays. L’hydrogène vert est considéré comme alternative avancée vers une énergie durable et propre.

Tunisie : premiers pas vers la production d’hydrogène vert

Les représentants du Conseil d’administration de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ont exprimé récemment l’engagement de la banque à accompagner la Tunisie dans les différentes étapes de réalisation de la stratégie nationale de production de l’hydrogène vert en vue de réduire les émissions de carbone. Faut-il rappeler, par ailleurs, que le premier hub tuniso-bavarois de technologies et d’innovation pour l’hydrogène vert a été lancé le 7 septembre 2022, à la Station éolienne de Sidi Daoud à El Haouaria (gouvernorat de Nabeul). Ce projet s’inscrit dans le cadre de la coopération entre le ministère de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, l’Etat fédéré de la Bavière et le ministère fédéral de la coopération économique et du développement (BMZ), ainsi que la coopération allemande en Tunisie (GIZ). Projet visant à développer la coopération scientifique et  technologique en matière de production d’hydrogène vert et à appuyer les efforts déployés par la Tunisie en vue de réaliser la transition énergétique, à travers la production de l’hydrogène vert à partir de l’énergie éolienne générée par la station de Sidi Daoud. Sachant que la Steg veille à développer la production de l’hydrogène vert, avec la coopération de ses partenaires, dont l’Allemagne, ainsi que ses capacités pour développer la production de l’électricité à partir des énergies renouvelables dont l’éolien. Ladite société aura la possibilité d’exporter de l’hydrogène vert vers l’Europe, en exploitant le gazoduc qui traverse, actuellement, la Tunisie. En outre, le projet optimise les conditions d’investissement du secteur privé en soutenant la collaboration entre les entreprises locales et internationales, tout en renforçant les compétences techniques des responsables politiques et scientifiques afin de contribuer au développement d’un marché d’hydrogène vert.

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