Quelles sont les limites des médias ?

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Editorial La Presse

 

Le jugement d’un an d’emprisonnement à l’encontre d’un journaliste pour avoir divulgué les dessous d’une enquête visant une opération terroriste n’est pas passé inaperçu du côté du Snjt. Son président n’a pas été tendre face à ce jugement et lance un cri d’alarme et d’indignation dénonçant, à travers ce jugement une atteinte à la liberté de presse. Ce qu’il dit est même ferme quand il qualifie cette période de la plus mauvaise en ce qui concerne la liberté de presse.

En même temps, le gouvernement ne fait absolument rien pour soutenir les médias et présenter un produit de communication professionnel en favorisant les réseaux sociaux comme support de communication, et en décrétant un black-out partiel vis-à-vis des médias, tous genres confondus. On se demande alors vraiment si cette liberté de presse est réellement menacée. Un journaliste, qui n’est pas censé donner ses sources, est censé également chercher des scoops et éclairer l’opinion publique avec des informations fiables. Et c’est à ce niveau que le flou persiste et que les anciens réflexes de marginalisation et d’exclusion des médias et l’atteinte à la liberté d’expression refont surface. Au nom de la sensibilité du terrorisme et de sa gravité, on peut alors mettre des barrières et acculer les journalistes qui ne font que leur travail le plus élémentaire.

Même si le domaine des médias a besoin d’une meilleure régulation et d’une remise à niveau pour une meilleure qualité du produit, il est fondamental de protéger les journalistes dans l’exercice de leur devoir. Quand ils le font en respectant l’éthique et les règles en vigueur, le gouvernement et le pouvoir en place n’ont pas le droit de menacer les médias, de les appauvrir, de les juger quand ils font leur métier. Le terrorisme, un sujet si confidentiel pour les services sécuritaires — et on peut le comprendre dans un sens — ne doit pas être le moyen de faire taire les médias et de les empêcher de chercher les faits et informer l’opinion publique. On le sent, la liberté de presse est en danger, certains se gênent que les médias jouent pleinement leur rôle et en toute liberté. Même si, en partie, des médias et des journalistes commettent des fautes impardonnables et versent parfois dans la légèreté et la mauvaise foi.

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Un commentaire

  1. Brahim

    01/12/2022 à 15:42

    Cher Confrère. Rassurez-vous. Je suis journaliste à la retraite en France depuis 17 ans et ne suis adepte d’aucune doctrine politique J’ai trouvé votre éditorial juste et mesuré. Mais votre conclusion a tout gâché ! De quel droit, pourriez-vous qualifier ou juger certains confrères de légèreté et de mauvaise foi. Il n’appartient qu’aux lecteurs d’en décider. Je n’en dirais pas plus.

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