Fêtes de fin d’année : La joie, malgré tout

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La Tunisie est indéniablement un pays d’exception. On imagine mal un peuple qui pleure sur son sort le jour à cause d’une loi de finances aux multiples mesures impopulaires et du poids de l’augmentation du taux monétaire du marché à 8% et se déhancher le soir dans des boîtes de nuit pour les fêtes de fin d’année.

En effet, samedi 31 décembre 2022, fut une journée très zen le jour mais très tendance la nuit. A Tunis, Hammamet, Sousse ou à Tozeur, Djerba, ces centres d’animation touristiques où s’aligne le long des artères tout le catalogue de l’animation nocturne, gardent leur attrait et leur dynamisme malgré les effets insoupçonnés d’une récession économique qui pousse bien des consommateurs à réviser leur budget et à resserrer les cordons de leur bourse où les plus touchés par la crise devaient mettre une croix sur les loisirs, un grand nombre de citoyens prend d’assaut chaque soir ces lieux ludiques. Certes, il y a des visages qui renvoient à une solitude pesante mais il y a aussi ceux pour qui la nuit apporte une brise de fraîcheur nocturne ponctuée de notes, de tempos et de rythmes et les fait vibrer au gré de milliers de décibels qui font monter la sauce jusqu’à une heure tardive de la soirée.

C’est que l’animation qui a régné en cette fin d’année pousse au noctambulisme, dans les places publiques et les principales artères de ces villes touristiques ainsi que dans les restaurants animés. Cela dit, les craintes de uns à propos de l’augmentation des taxes sur les boissons alcoolisées dans les établissements touristiques ou encore celle se rapportant au TMM ne devraient pas constituer une préoccupation majeure pour les différents acteurs du secteur puisque les fêtards et les «clubbers» invétérés n’hésitent pas à mettre la main à la poche durant cette nuit qui ferme la parenthèse des soucis politiques pour laisser place à la joie de vivre.

En effet, malgré un mercure à la baisse, le politique  ne refroidira pas l’ardeur des clients qu’un enthousiasme certain réchauffe assez bien pour les pousser sur le chemin de ces cafés chantants. Car si à cause du fait politique, il fait toujours chaud le jour, il fait show le soir. Même ceux qui se sentent seuls, désemparés, ignorés, mal aimés, abandonnés, isolés, perdus, sans espoir, sans avenir, qui sont malheureux et loin de tout, la fête était accessible à tous. Une succession ni ambivalente ni choquante pour un pays trois fois millénaire. Car, en ces temps troublés, sur fond de déconfinement progressif, le besoin de se dépenser physiquement et de vivre sainement résonne comme une exigence pour une bonne partie de la population. C’est pourquoi la fête est pour tout le monde un évènement qui procure un effet de bien-être pour ceux qui la vivent en couple, en famille ou entre amis. La pandémie de Covid-19 et les attentats terroristes ont certes impacté durement le secteur touristique mais ils ont aussi démontré son importance en tant que locomotive de développement pour tous les autres secteurs.

Le tourisme procure un effet de bien-être pour ceux qui s’y adonnent. Et pour que la fête se passe dans de bonne conditions, le ministère du Tourisme et de l’Artisanat a engagé une vaste opération de contrôle des établissements touristiques. Au pas de charge, le ministre ainsi que tous les inspecteurs du département ont été mobilisés pour veiller au grain à la qualité des services et au respect des normes d’hygiène. Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, accompagné de la Cheffe du gouvernement, a rendu visite aux différentes unités de police et d’agents sécuritaires déployés sur tout le territoire pour assurer une soirée sans incidents. Pour sa part, le Président de la République a préféré se rendre à la cité El Intilaka pour s’assurer de la disponibilité dans les petits commerces des produits alimentaires de base. Ce qui a été fait la nuit du 31 décembre 2022 doit servir de feuille de route pour les autres jours de l’année en vue de perpétuer le contrôle et d’assurer un niveau de service à la hauteur des attentes des Tunisiens, de redonner au secteur du tourisme son lustre et de l’engager sur une voie plus royale à même de rebomber le torse de la destination avec une approche plus innovante.

De ce fait, l’année 2023 doit être placée sous le signe de l’action à tous les niveaux pour redonner aux Tunisiens l’espoir et le sourire.

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