Nouveau parlement : quel apport ?

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Editorial La Presse

 

Ceux et celles qui pensent que le nouveau parlement va changer le paysage actuel et qu’il va résoudre le tas de problèmes qu’on rencontre exagèrent un peu. C’est même de l’optimisme mêlé à une lecture superficielle des derniers événements. Le nouveau parlement, issu d’élections en mode «césarienne» où une très grande partie d’électeurs ont choisi de bouder les urnes et sur fond de contestations politiques et associatives larges, porte déjà en lui les ingrédients d’un probable blocage et d’une inefficacité annoncée.

D’abord, les attributions de ce nouveau parlement, selon la nouvelle constitution de juillet 2022, sont assez limitées par rapport à l’exécutif, essentiellement le Président de la République. Ce n’est plus une assemblée qui contrôle, nomme ou destitue, via le vote,  le gouvernement. Les lois restent toujours du ressort du parlement, mais il  faut remarquer qu’il y a cette mainmise du Président et de l’exécutif qui intervient à différents stades du processus législatif. Ce nouveau parlement — et les gens le découvrent — est formé en bonne partie de politiques et de coalitions qui ont régné ces dix dernières années. Certains d’entre eux ont été réélus, ce qui veut dire que l’on revient à la case départ. On pousse le raisonnement pour détecter la présence de personnalités de deuxième et troisième rang, de partis qui étaient au pouvoir, en premier lieu Nida Tounès. De l’autre côté, les partisans de Kaïs Saïed et du 25 juillet crient déjà victoire en parlant d’un bloc qui dépasse les 80 députés. Et à côté de ces nouveaux élus, les quelques partis soutenant le 25 Juillet comme le mouvement Echaâb assurent le minimum. Du coup, un parlement hétérogène et où on peut lire la présence de blocs à plusieurs députés et bien sûr les conflits et les bras de fer en coulisses.

Reste aussi cette complexité de la réalité économique qui fait que ce parlement ne peut trouver des solutions tangibles à des problèmes urgents. Il prendra encore un peu plus de deux mois pour s’installer et pour fonctionner avec ses propres mécanismes. Fera-t-il le poids ? Peut-on faire du neuf avec en partie du vieux ? Et cette représentativité tronquée et douteuse  ne  fait que compliquer la tâche d’un parlement qui suscite déjà les controverses venant de toutes parts, y compris du clan du 25 Juillet lui-même.

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