Boxe | Médecine du ring : Garantir les conditions de sécurité du boxeur

2,487

 

Une journée de formation dédiée à ce sujet brûlant. La vie d’un boxeur sur le ring en vaut la peine.

La Fédération tunisienne de boxe vient d’organiser une  Journée    de formation autour de la médecine du ring  .Le constat  est parfois déconcertant. Plusieurs de nos entraîneurs poussent des boxeurs qui n’ont aucune expérience sur le ring, et ce, après les avoir  sauvagement fait perdre du poids sans l’assistance d’un spécialiste .Une mise au point s’imposait alors.

Commençons d’abord par relater cet accident qui s’est passé en Egypte. «Le boxeur Hossam Ramez est décédé des suites de blessures. C’était lors de la finale du Championnat de la jeunesse qui s’est tenue le 9 février à Tanta (Nord de l’Egypte)). Le Comité olympique égyptien a annoncé son décès. Hossam n’avait pu terminer sa finale à cause d’une blessure à la tête. «Ramez Hossam a participé dans la catégorie des 75 kg jusqu’à ce qu’il atteigne la finale après avoir pris part aux huitièmes, quart  et demi-finale. Il n’a montré aucun symptôme pendant ces matchs comme tous les athlètes qui ont été examinés avant chaque combat», écrit la Fédération égyptienne de boxe.

Hémorragie cérébrale, coma puis décès, voici le triste scénario que le destin a écrit pour ce jeune boxeur. Notons que la fédération a bien mentionné que les athlètes ont été examinés avant chaque combat et que le boxeur n’a présenté,  aucun symptôme. Pas besoin de montrer des symptômes…. et puis, disons le mot, ce n’était qu’un petit championnat régional dans la ville de Tanta, les examens médicaux ne se font pas dans la précision quand il s’agit de ce genre d’événement.

Dérives à éviter

Revenons vers nos contrées où les risques pour la santé du boxeur, voire pour sa vie, ne sont pas des moindres. Cela commence déjà par des entraîneurs que d’aucuns qualifieraient de «criminels». Ainsi nous remarquons par exemple la participation de boxeurs senior dans le championnat national ou régional, sans qu’ils aient le moindre pedigree. Jamais  ils n’ont fait la catégorie des cadets ou au moins des juniors. Le fait est que ce sont des jeunes gens qu’on ramène de la «maison» ou au plus  d’une obscure salle de musculation à une semaine du championnat et qu’on expédie directement sur un ring. Quelquefois, leur destin les met face à un boxeur expérimenté et bien entraîné, ce qui risque non seulement de briser leur rêve de faire carrière mais aussi de  les éliminer du carré des vivants. Ce qui arrive parfois dans les salles d’entraînement, avec des accidents qui passent sous silence alors qu’ils doivent être déclarés à la fédération, doit être considéré comme un vrai délit. Et à force d’avoir fréquenté ce monde, nous savons à quel point des jeunes ont été dangereusement exposés à risque et sans pitié. Nous avons même  assisté à des combats où un entraîneur regarde son boxeur se faire «massacrer» sans même jeter l’éponge.

L’autre réalité scandaleuse et très dangereuse est celle de la perte du poids. Sauvage c’est le moins qu’on puisse dire. D’abord, nous n’avons pas de spécialistes de la nutrition au sein de nos clubs. Ce sont les entraîneurs dont la formation technique est déjà faible qui   «préconisent» et glosent sur les régimes à suivre pour les boxeurs tout âge, toute catégorie, tout poids, toute physionomie confondus ! Certains athlètes sont parfois livrés aux régimes douteux glanés sur internet.

Il y a deux semaines, la Fédération tunisienne de boxe a, dans ce sens, réagi en organisant une journée de formation autour de la médecine  du ring et qui a réuni plusieurs parties intéressées. Cela s’impose si on veut limiter les risques. La journée était très riche en interventions.  Maintenant, il faut multiplier ce genre  d’initiatives en poursuivant l’implication des médecins et des arbitres .Reste à réfléchir à un système de contrôle dans les clubs et à sensibiliser les entraîneurs au risque auquel ils exposent ces jeunes athlètes,  par ignorance ou par ego hypertrophié.

Laisser un commentaire