Bientôt la fin du projet «Fiesp»: 40 entreprises seront labellisées d’ici juillet

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Le Label «Entreprise Formatrice», qui vient d’être lancé dans le cadre du projet  «Formation interentreprises avec le secteur privé» (Fiesp), vise à mettre les programmes de formation professionnelle au diapason du marché de l’emploi.


Améliorer l’adéquation entre les besoins des entreprises en compétences et les programmes de formation professionnelle est le principal objectif derrière l’instauration du label «Entreprise Formatrice» qui a été mis en place dans le cadre du projet «Formation interentreprises avec le secteur privé» (Fiesp). Appuyé par la GIZ, ce projet a été entamé en 2021, sous l’égide du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle, en partenariat avec le secteur privé. En somme, il vise, à travers ces différentes composantes, à renforcer l’employabilité des jeunes dans les secteurs de l’hôtellerie, la plasturgie et l’industrie textile et habillement. 

Le projet Fiesp encourage la participation des fédérations professionnelles à assumer un rôle plus important dans l’amélioration de la qualité de la formation professionnelle. D’ailleurs, la certification des entreprises comme étant «Entreprises formatrices», moyennant un label reconnu par l’Etat (qui est la quatrième composante du projet), est de nature à renforcer le partenariat entre les acteurs publics  et le secteur privé dans le domaine de la formation professionnelle. L’objectif est, non seulement, de mettre les programmes de formation au diapason du marché de l’emploi, mais aussi de sensibiliser le secteur privé à l’importance de sa contribution dans la mise à niveau de ces programmes. Le lancement officiel du label a eu lieu, mercredi 15 mars, à Hammamet lors d’une journée d’information dédiée aux entreprises opérant dans l’industrie du textile et de l’habillement.

Que des avantages !

Fatma M’selmi, cheffe d’équipe au cabinet de consulting GFA qui a été  mandaté par la GIZ pour implémenter la composante 4 du Fiesp, a souligné, dans une déclaration à La Presse, que le label a été conçu selon une approche participative qui a inclus le secteur public et  les différentes fédérations représentant les  trois secteurs (Ftth, FTH et  la Chambre syndicale des fabricants-transformateurs de plastique) qui gèrent désormais ce label reconnu par l’Etat. «Cette reconnaissance par l’Etat est un point très important, étant donné que le travail effectué s’est basé sur le cadre juridique existant ainsi que  sur les besoins des entreprises installées en Tunisie», a-t-elle affirmé. Elle a ajouté que la labellisation présente plusieurs avantages pour  l’entreprise, tels que le gain d’attractivité auprès des bons profils et la confirmation de son engagement sociétal. «Une entreprise labellisée, c’est une entreprise formatrice. Cela montre aussi son engagement social envers les jeunes parce qu’elle les forme selon ses besoins et surtout selon les besoins du secteur, et ce, en partenariat avec un centre de formation privé ou public», a poursuivi M’selmi. Elle a, en outre, précisé que le label contribue à renforcer la compétitivité des entreprises qui, grâce à la disponibilité d’une main-d’œuvre ayant reçu la formation adéquate, espèrent améliorer leurs services et les produits. “Le label“ Entreprise Formatrice» est un garant de qualité pour tous les acteurs de la formation professionnelle aussi bien pour les fédérations qui représentent les secteurs que pour  les centres de formation, les apprenants ou le secteur public», a-t-elle asséné.

La consultante a affirmé, qu’au cours de cette phase pilote, le programme vise à accompagner au total 40 entreprises. «Même s’il y a un certain nombre de critères qui ne sont pas satisfaits, nos consultants peuvent accompagner les entreprises afin qu’elles puissent décrocher la certification. Il faut qu’il y ait au moins un tuteur qualifié. Et cela  nécessite une formation. Donc, on est en train de voir avec nos partenaires, notamment les  fédérations concernées par le projet Fiesp, comment trouver des solutions dans le cadre de cette phase pilote», a-t-elle expliqué.

Activer les CFI

Le projet a, par ailleurs, prévu la création d’une Unité d’appui à la formation et à l’emploi (Uafe) au sein de chacune des trois fédérations, laquelle unité devrait assurer la pérennisation  du label, après l’achèvement du Fiesp qui prendra fin  au mois de juillet prochain. «Notre premier objectif est d’assurer l’adhésion des entreprises au label «Entreprise Formatrice». Pour ce faire, il faut former un maximum de tuteurs. Déjà, on va commencer par  préparer un plan de formation au profit des tuteurs et activer les Centres de formation inter-entreprise (CFI) comme on l’a fait pour le centre de CFI El Alya à Bizerte et le centre de Sfax. Peut-être qu’on va implémenter des centres à Nabeul et dans d’autres régions», a fait savoir Karim Ksontini, responsable de l’Uafe de la Fédération tunisienne du textile et habillement (Ftth), dans une déclaration à La Presse. Il a ajouté que  ces centres vont être un point de relais pour rassembler l’expertise des industriels et appuyer le secteur public dans la mise à niveau des programmes de formation professionnelle. L’objectif est  d’avoir des programmes conformes aux besoins du secteur du textile. Selon Ksontini, cette unité constituera un appui d’appoint qui permettra aux entreprises de l’industrie textile  d’élaborer leurs plans de formation et de recrutement. Elle veillera, également, à attirer la main-d’œuvre qualifiée, dont ont besoin les entreprises.

Les entreprises doivent mettre la main à la pâte

De son côté, Johannes Röder, expert en textile et habillement, a fait savoir que 6 critères d’adhésion au label ont été identifiés. En résumé, pour accéder au label, l’entreprise est tenue de répondre aux obligations légales mais également aux exigences de bonnes pratiques en matière de responsabilité sociétale. «Il en résulte une culture de formation en partenariat avec les dispositifs nationaux», a-t-il précisé. Interrogé sur le rôle des entreprises dans la mise à jour des programmes de formation professionnelle, l’expert international a expliqué que  la plupart des entreprises ne  connaissent pas ce rôle alors qu’elles sont appelées à s’acquitter de cette mission. «En Tunisie, le programme d’étude est élaboré par le Centre national de formation de formateurs et d’ingénierie de formation en collaboration avec  l’industrie. Normalement, il est prévu que ces programmes soient revus tous les cinq ans, mais la vérité, c’est que la plupart des entreprises ne connaissent pas leur rôle dans l’élaboration et l’actualisation d’un programme d’étude. Dernièrement, j’ai formé 106 tuteurs, 80% d’eux  n’ont jamais vu un programme d’étude officiel qui aboutit à un diplôme homologué, vu que ces programmes ne sont pas accessibles au public», a-t-il affirmé. Par ailleurs, il est à noter que deux autres journées d’information ont été organisées  les 16 et 17 mars, au cours desquelles le label a été respectivement lancé pour les secteurs de l’hôtellerie et de la plasturgie.

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