Tozeur | Tourisme saharien : Les  défis du chott reviennent

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Au cours des années 90, Philippe Genesio découvrait la Tunisie pour des raisons professionnelles. Dans ce cadre, il s’y rendait jusqu’à la région  de Tozeur. De cette rencontre fortuite avec le sud tunisien et son sable doré,est née une idée folle : organiser une course à pied ou du départ on voit l’arrivée. Et depuis , une idylle a vu le jour. C’est devenu un rendez-vous incontournable pour les passionnés du désert à la recherche du dépaysement . Mais à cause d’une situation sécuritaire  précaire  de l’après révolution, les défis du chott ont été contraints à s’éclipser, et les organisateurs ont failli transférer cet événement pédestre  ailleurs.

Les éditions s’enchaînent, et depuis 30 ans l’association (les Foulées du monde) a déjà organisé 25 éditions dans le Sud tunisien avec toujours le même succès.
Covid-19 oblige, cet événementiel qui allie le sport au tourisme saharien, a été contraint à observer un repos forcé, au grand dam de ses adeptes et des amoureux du Sahara dont le nombre allant crescendo au fil des éditions.

Au bonheur des marathoniens et des nombreux passionnés du Sahara et de son sable doré, la 26 éme édition refait surface et s’annonce sous le signe d’une très belle année de renouveau et de reconquête.

Les défis du chott viendront meubler l’agenda du tourisme saharien, en marquant l’ouverture de la saison d’’un tourisme qui fait la singularité de notre pays. Ils seront organisés du 23 octobre au 29 octobre 2023.

Avec une organisation menée d’une main de maître et qui a souvent fait le bonheur des participants venus de la rive nord de la Méditerranée, mais aussi des Tunisiens, les préparatifs se doivent d’être à la hauteur de la réputation enviée de cette fête des pédestres.

Avec le savoir-faire qu’on leur reconnaît, les organisateurs de l’association (les foulées du monde) viennent de séjourner dans la ville aux deux printemps pour mettre les bouchées doubles et veiller au grain pour que le séjour des participants soit  un doux souvenir de leur passage à Tozeur.

Visite des unités hôtelières, concertation avec les autorités régionales et repérage du circuit qui élira domicile comme à l’accoutumée aux alentours du plateau cinématographique de Star Wars de Georges Lucas, et  qui n’a pas perdu un iota du  plaisir de le visiter.

Philippe Genesio, président des ( foulées du monde ) s’exprime sur le come-back des défis du chott après une éclipse de trois années.

« Ça fait 26 ans qu’on est présent à Tozeur, mais l’éclipse de ces dernières années est argumentée par les conditions sanitaires et économiques qui nous ont contraints à relancer l’événement .Cela ne nous a pas empêchés de venir en solo avec les membres de l’association  .Cette année, on s’est dit qu’il est temps de revenir, surtout après la demande des amis du chott qui commencent à s’impatienter pour revenir sur les lacs salés. Tozeur est un coin sublime, et notre tournée de repérage nous a emmenés sur Chebika ,Tamerza et le décor de star wars. Mais il faut avouer que par le passé, on a eu des difficultés  de transport à cause  de l’affrètement des avions sur tozeur et Djerba, mais cette année on a décidé de  regrouper tous les participants sur Tunis et de les transférer par bus permettant une sécurité  garantie et un confort remarquable. Ce sera plus simple, d’autant plus qu’ils auront l’opportunité de faire des haltes à Kairouan et tout l’itinéraire .Ce sera une parfaite alliance entre le sport et le tourisme. »

Le problème du trafic aérien  sur Tozeur et Djerba, demeure  une difficulté à surmonter pour conférer à cet événement une présence massive ( à signaler que la présence des participants entre touristes étrangers et tunisiens se situe  en moyenne sur la fourchette 400 -450) :

« Aujourd’hui, on s’est tapé 600 Km pour rallier Tozeur au bout de 6 h, preuve qu’il n’y a pas des dessertes aériennes qui répondent à nos besoins. Il y a un problème de l’aérien que j’espère voir résolu. Il y a une forte demande sur Tozeur,  J’ai vu des Tunisiens, des chinois et d’autres nationalités. Je présume que si ce problème est réglé, on fera venir plus de participants. Faut-il rappeler qu’il y a 16 ans, des avions partaient de paris et Nice et se posaient directement sur Tozeur.

Mais qu’en est- il des unités hôtelières pour le séjour des participants après ce coup de massue porté à l’infrastructure touristique après la révolution :

« C’est vrai que par le passé, il y avait presque entre 20  et 25 hôtels qui tenaient le coup en termes de conditions de confort et de prix proposés, mais aujourd’hui le nombre est réduit à 5 unités seulement. Il y a de très beaux hôtels qui ont fermé les portes, et il faudrait du temps pour les rouvrir. Disons qu’on est satisfait des unités trillées pour le séjour des participants, surtout en termes de prix et de prestations offertes. »

La Tunisie reste toujours une destination à exploiter et à explorer, et c’est l’appréciation de notre interviewé.

«J’étais avec le gouverneur de la région, et en termes de sécurité, on n’a pas de soucis majeurs à se faire .Aujourd’hui, les gens ont une envie de venir découvrir la beauté des lieux. L‘accueil est toujours chaleureux à la tunisienne. Ce qui nous importe le plus, est une offre sécurisée en termes de prix et de prestations, et notamment l’aérien pour avoir l’envie de venir .Pour que la Tunisie continue à séduire  par son tourisme saharien, il faut que l’alliance (prix-prestations)  soit au rendez-vous. Il y a aussi la nécessité d’avoir les moyens aériens adaptés et ponctuels. L’événement est aussi ouvert au tunisien, et on a toujours partagé ce plaisir avec de nombreux amis tunisiens qui restent toujours fidèles pour venir profiter de  la convivialité de la région ».

 

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